Lundi 09 décembre 2019

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Les différents régimes sur le marché de la maigritude

C'est nouveau, ça vient de sortir! Mais est-ce si nouveau, en définitive?

Le régime Atkins

En 1975, le docteur Atkins préconise, pour maigrir, une alimentation dépourvue de glucides. Sont donc bannis tous les féculents (pâtes, semoules, riz, maïs, pommes de terre, le pain, les biscuits et les céréales), les légumineuses (haricots, flageolets, lentilles, pois, fèves), tous les fruits, ainsi que les laitages contenant du lactose, tels les laits et laits gélifiés ou emprésurés. Il va sans dire que le sucre et tous les produits sucrés le sont aussi. Les fromages, les yaourts, la crème et le beurre en revanche restent autorisés, puisque le sucre du lait, le lactose, disparaît, subissant une fermentation et une acidification.
En revanche, il n’y a aucune limitation sur les aliments riches en lipides ou en protéines et l’alimentation se compose donc de viandes, de poissons, d’œufs, de fromages. Les huiles, beurres, margarines et autres mayonnaises peuvent être consommés sans limitation. On peut aussi consommer à chaque repas 50 g de légumes verts. Les boissons sucrées ou alcoolisées sont interdites, mais pas les boissons édulcorées.
L’un des éléments de séduction du régime Atkins est sa simplicité quasi biblique: point n’est besoin d’apprentissage diététique ou d’imagination de recettes légères. Il suffit de savoir départager les aliments permis et interdits; ceux de la première catégorie peuvent être consommés à satiété. Bien entendu, ce régime séduit tout particulièrement les amateurs de viandes et de fromages, puisque ces denrées constituent l’essentiel de l’alimentation.

- Efficacité à court terme : Durant la première semaine, la perte de poids atteint souvent deux à quatre kilos. Les semaines suivantes, l’amaigrissement se poursuit sur un mode plus ralenti.

- Confort physique : Il est bon dans un premier temps, si l’on excepte l’obligation de consommer son fromage sans pain et la crème fraîche à la petite cuiller. La faim tend en effet à disparaître, tout d’abord parce que l’organisme fabrique des corps cétoniques à partir des graisses, nouveau carburant qui remplace le glucose. Or l’abondance de corps cétoniques réduit l’appétit. Une seconde raison de cette faim moindre est la lassitude du goût entraînée par la monotonie. On ne s’amuse qu’un temps à avaler de la viande par quartier ou de la crème fraîche à la louche!
Mais comme l’insuffisance de glucides dans l’alimentation réduit la richesse des muscles en glycogène, les performances et la résistance physique s’amenuisent. Il ne faut pas espérer effectuer de longues randonnées ou bien jouer des heures au tennis, tout en suivant un régime Atkins.

- Confort social : Le régime Atkins oblige à écarter nombre d’entrées, une bonne part des aliments servis en accompagnement des plats principaux, la quasi-totalité des desserts. La plupart des plats traditionnels (cassoulet, couscous, spaghettis bolognaise…) sont exclus. Bien des personnes, dans ces conditions, renoncent autant que faire ce peut à prendre des repas en société.

- Plaisir à manger : Comme on l’a dit plus haut, celui-ci diminue progressivement.

- Mécanisme prétendu : Le docteur Atkins considère que la production de corps cétoniques par le foie, à partir des graisses, puis leur évacuation par le rein dans les urines sont deux mécanismes indispensables à l’efficacité de la méthode : c’est tout d’abord, comme on l’a dit, la présence de corps cétoniques dans le sang qui réduit l’appétit. Ensuite, toujours selon Atkins, leur fuite dans les urines représente une déperdition calorique bien moins fatigante que l’exercice physique. Le régime Atkins autorise certes quelques aliments glucidiques (fromage blanc, pain, fruits) à partir de la deuxième semaine, mais en quantité très faible, de telle sorte que l’organisme continue à être obligé de produire ces fameux corps cétoniques. Le docteur Atkins recommande même de vérifier leur présence dans les urines au moyen des bandelettes réactives habituellement utilisées par les diabétiques. S’ils viennent à disparaître des urines, il convient alors de réduire la ration glucidique pour obliger l’organisme à en fabriquer à nouveau.

- Mécanisme réel : La faim s’étiolant du fait de l’augmentation des corps cétoniques et de la lassitude gustative, sans vraiment le rechercher, on mange moins en valeur calorique.

- Durée prévue du régime : Le bon docteur Atkins rappelle à ses lecteurs que "vous ne pouvez pas manger comme les personnes normales et espérer rester mince (…) il s’agit d’un mode d’alimentation définitif".

- Arrêt du régime : Après une telle restriction, la réintroduction des glucides dans l’alimentation entraîne le plus souvent le retour des kilos perdus, sur un mode foudroyant.

- Conséquences sur l’organisme : Comme celui-ci a impérativement besoin de glucides pour fonctionner, quand ceux-ci ne sont pas apportés par l’alimentation, il doit alors dégrader les protéines de la masse maigre, c’est-à-dire surtout les muscles, et fabriquer à partir de leurs acides aminés le glucose dont il a besoin. Le régime Atkins ne fait donc pas perdre que de la graisse, mais aussi du tissu noble, en particulier du muscle.
Le régime Atkins est en outre trop pauvre en fruits et légumes, ce qui entraîne une carence en vitamines, en sels minéraux et en fibres. Fatigue physique et psychique ainsi que constipation sont donc rapidement au rendez-vous.

Enfin et surtout, en raison de sa richesse en graisses, ce régime entraîne une augmentation excessive du cholestérol sanguin, qui favorise l’athérosclérose. Il est donc des plus dangereux pour le cœur et les artères, au point que le régime Atkins s’est vu décerner l’appellation de "passeport pour l’infarctus"…

Le régime Scarsdale

Mis au point par un cardiologue américain, le docteur Tarnower, le régime Scarsdale propose un programme amaigrissant de quatorze jours. Le petit déjeuner est invariablement composé d’un demi-pamplemousse, d’une tranche de pain enrichi en protéines ou d’une tranche de pain complet, de café ou thé à volonté. Déjeuners et dîners sont composés d’une viande maigre ou d’un poisson, associés à un légume consommé froid ou chaud selon le cas. Quatre fois par semaine, on ajoute au repas un demi-pamplemousse, ou un fruit de saison. Deux fois par semaine, on n’a droit qu’à une salade de fruits en guise de repas. Une fois par semaine, le plat principal consiste en deux œufs, mais avec du fromage blanc. Enfin, le vendredi midi, on n’a droit qu’à une portion de fromage avec une seule tranche de pain. Les légumes autorisés ne sont pas limités en quantité. Les viandes, poissons et légumes sont cuisinés sans matière grasse. Les salades sont préparées sans une goutte d’huile, mais on peut y mettre du vinaigre, du citron, des épices, de l’ail et des oignons, du sel et de la moutarde. Quant aux boissons, alcools, lait et jus de fruits, ils sont prohibés. Reste donc l’eau, minérale, du robinet, ou les boissons édulcorées qu’on peut consommer à volonté.
Le Dr Tarnower propose on connaît un régime Scarsdale "pour gourmets", un régime Scarsdale à tendance exotique, dans lequel les plats rappellent vaguement les traditions alimentaires de différents pays, un régime Scarsdale "économique" pour ceux qui souhaitent limiter les frais de nourriture, et enfin un régime Scarsdale pour végétariens.
Toutes les deux semaines, un régime destiné à "stabiliser la perte de poids" prétend proposer un "éventail plus large d’aliments", mais continue à interdire tout les féculents (pâtes, riz, pommes de terre, maïs, légumes secs), tous les desserts sucrés, toutes les matières grasses ajoutées, le chocolat, la charcuterie et la plupart des laitages. Ce régime de stabilisation autorise les alcools non sucrés, vin ou whisky, à raison d’un verre par jour, deux tranches de pain par jour, trois œufs par semaine, les confitures sans sucre et les noix.

- Efficacité à court terme : Bonne, quoique pas toujours aussi importante que ne l’affirme l’auteur, qui se vante de faire perdre cinq cents grammes par jour en moyenne.

- Confort physique : Bon.

- Confort social : Comment avoir encore des amis ? À moins, bien entendu, de ne fréquenter que des personnes "scarsdalisées"…

- Plaisir à manger : Tout paraît bon quand on a faim.

- Mécanisme prétendu : On mange moins en valeur calorique.

- Mécanisme réel : C’est bien vrai…

- Durée prévue du régime : L’auteur préconise une alternance régulière de "régimes" et de "phases de stabilisation" ad vitam æternam.

- Arrêt du régime : Le docteur Tarnower affirme que 90 % des patients maintiennent leur poids après avoir suivi son régime. Seuls ceux qui ont la foi chevillée au corps le croient. En fait, c’est vraiment incroyable ce qu’il est possible de regrossir vite avec ce régime, ou un autre d’ailleurs.

- Conséquences sur l’organisme : Suivre le régime Scarsdale durant quatorze petits jours ne présente pas de danger pour l’organisme car les apports en protéines, en sels minéraux et en vitamines sont globalement suffisants. Cependant, sa prolongation ou sa fréquente répétition, tel que le propose l’auteur, conduisent à plusieurs déséquilibres nutritionnels du fait de la quasi-absence d’acides gras essentiels (toutes les huiles sont prohibées…), de la carence en calcium (les laitages sont insuffisants), de certains repas dépourvus de protéines (mardi et samedi midi), ce qui conduit à la longue à une perte de masse maigre. Ces légers détails, de peu d’importance sur une courte durée, finissent par avoir un retentissement sur la santé à moyen et long terme.

Ce régime ne peut donc convenir qu’aux personnes qui sont d'accord pour reprendre les kilos perdus (avec une prime) à l'arrêt du régime.

Le régime Mayo

Très en vogue il y a une dizaine d’années, le régime Mayo n’a pas le moindre rapport avec la clinique Mayo, l’une des cliniques médicales les plus renommées des États-Unis. Il s’agit d’un régime très directif, d’une durée de deux semaines. Les matières grasses, les sucres, les féculents, les légumes secs et les laitages sont interdits. Les fruits sont en faible quantité. Les boissons autorisées se résument aux thés, cafés et eaux.
- Petit déjeuner : un pamplemousse et deux œufs durs la première semaine. Une biscotte (sans beurre ni confiture) la deuxième. Thé ou café à volonté, non sucrés.
- Déjeuners et dîners : sur les vingt-huit déjeuners et dîners qu’on aura l’occasion de faire durant les deux semaines de régime, on prendra soit deux œufs (11 repas), soit une viande (10 repas), soit un poisson (3 repas), soit un yaourt (1 repas), soit un fruit (2 repas). On pourra manger ce qu’on veut le dernier dîner de la seconde semaine. Les légumes d’accompagnement ne sont pas limités en quantité, mais le choix en est restreint puisque seuls les céleris, tomates, concombres, épinards et salades sont permis. Les boissons édulcorées sont autorisés sans limitation.

- Efficacité à court terme : Comme il n’apporte que 800 à 1 000 calories par jour, le régime Mayo est efficace au début et on perd allégrement cinq à sept kilos si on le suit à la lettre pendant deux semaines. Ce résultat est souvent atteint, car ce type de régime simple et dépouillé, dans lequel il n’y a pas à réfléchir, est finalement aisé à pratiquer sur une courte durée.

- Confort physique : Le fait qu’on mange des légumes (riches en fibres alimentaires) permet de créer une sensation de remplissage gastrique. Mais ce type de régime engendre rapidement une certaine fatigue physique.

- Confort social : Mieux vaut s’enfermer chez soi à double tour et ne plus voir personne.

- Plaisir à manger : Qui ira prétendre que grillades, œufs, pamplemousses et concombres ne sont pas des aliments délicieux ?

- Mécanisme prétendu : On maigrit car on mange moins.

- Mécanisme réel : On ne saurait mieux dire.

- Durée prévue du régime : Quinze jours.

- Arrêt du régime : Rien n’est prévu pour l’"après régime" et les kilos perdus ne peuvent donc que revenir au galop. Reprise de poids inéluctable.

- Conséquences sur l’organisme : Il s’agit d’un régime particulièrement déséquilibré. La permutation, deux fois par semaine, entre aliments protidiques (viandes, poissons ou œufs) et fruits est des plus sottes, aboutissant à des repas sans protides. La quantité globale de protéines si on suit le régime à la lettre est de 30 à 60 g de protéines selon les jours, alors que les besoins sont proches de 80 g. On perd donc de la masse maigre, c’est-à-dire du muscle, et on se fatigue vite. L’insuffisance en produits laitiers et en fruits aboutit à des carences en potassium, en calcium et en vitamines, dangereuses lorsque le régime se prolonge ou lorsqu’on ne le complète pas au moyen de suppléments médicamenteux. De plus, la richesse relative en lipides et en cholestérol (régime riche en œufs et graisses animales) favorise l’athérosclérose et les maladies cardio-vasculaires si le régime Mayo est poursuivi longtemps. Enfin, le petit déjeuner est trop frugal, ce qui occasionne souvent de la fatigue dans la matinée.

En conclusion, on ne saurait que déconseiller de maigrir à la façon Mayo.

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Les régimes dissociés

Le principe des régimes dissociés consiste à espacer les heures de consommation des diverses classes d’aliments : on peut manger de tout, mais pas au cours d’un même repas. Selon les promoteurs des ces méthodes, les aliments consommés isolément, même absorbés en grande quantité, ne sauraient se transformer en graisses et on ne grossirait que lorsque surviendraient certaines combinaisons alimentaires. On pourrait donc consommer autant de viande de veau ou de riz que l’on voudrait, mais surtout jamais de blanquette de veau.

- Le régime Antoine. Il consiste en cures d’une semaine, à répéter toutes les trois semaines ou tous les mois. Au cours de la semaine de régime, chacun des six premiers jours est consacrée à une, et une seule, famille d’aliments (viandes, œufs, laitages, poissons, légumes ou fruits). Le septième jour est libre et on mange comme on l’entend, dissocié ou non.

- Le régime Shelton. Il propose une dissociation rythmée non sur une semaine, mais sur une journée : on mangera ainsi par exemple des laitages au petit déjeuner, de la viande au déjeuner et des légumes au dîner. Les œufs, les poissons et les fruits sont également autorisés, du moment qu’on ne déroge pas au principe de dissociation. On évitera formellement les plats composés, tels le saumon aux pommes de terre, la tarte aux fruits ou le roquefort sur une tranche de pain de campagne.

- Efficacité à court terme : L’amaigrissement est net, tout au moins les premières semaines. Comme les autres "régimes miracles", les régimes dissociés demandent certes de la discipline, mais aucun effort d’apprentissage diététique ou d’imagination culinaire. Ils sont de ce fait aisés à suivre, en tout cas, sur de courtes périodes.

- Confort physique : Le fait de s’en tenir à un seul type d’aliment par repas diminue notablement l’appétit. Mais ce type de régime engendre à la longue une certaine fatigue physique.

- Confort social : Les régimes dissociés rendent problématique toute vie sociale car ils imposent un mode alimentaire radicalement différent du mode traditionnel, répartissant les repas en entrée, plat principal avec sa garniture, fromage et dessert.

- Plaisir à manger : La lassitude survient vite dès lors qu’on est condamné à ne manger qu’un seul aliment à la fois.

- Mécanisme prétendu : Pour expliquer la perte de poids provoquée par les régimes dissociés, leurs promoteurs invoquent souvent un mystérieux chemin métabolique qui ferait se dissiper graisses et sucres des aliments lorsque ceux-ci sont consommés séparément. Malgré toute la puissance de persuasion mise à développer ces arguments, il faut bien avouer que cette voie métabolique est totalement mythique. Même consommés de façon isolée, en excès, lipides ou glucides seront bel et bien stockés sous forme de graisses dans les cellules adipeuses.

- Mécanisme réel : La réalité est qu’un régime dissocié aboutit rapidement à une moindre consommation alimentaire, mesurée en valeur énergétique, tout simplement en raison de la lassitude alimentaire. Comment par exemple, lors de la journée durant laquelle on se consacre aux viandes corps et âme, véritablement apprécier le gigot du soir après le steak du petit déjeuner et le poulet du déjeuner ? De même, les journées "fruits" ou "laitages" engendrent une saturation rapide. La lassitude alimentaire existe aussi dans le régime Shelton, à un degré légèrement moindre.

- Durée prévue du régime : Le régime Antoine se pratique une semaine sur trois à quatre. Le régime Shelton n’indique pas de limitation temporelle.

- Arrêt du régime : En dehors des périodes dissociées, le candidat à l’amaigrissement aura bien du mal à ne pas regrossir, car le régime dissocié n’étant pas pédagogique du point de vue de la diététique et des habitudes alimentaires, il ne peut que revenir à son alimentation antérieure, celle qui a entraîné le surpoids.

- Conséquences sur l’organisme : Le régime Antoine aboutit à une absence d’aliments protéiques pendant deux journées par semaine, lors des journées "légumes" et "fruits". La perte de poids porte dans ces conditions autant sur les muscles et les viscères que sur la graisse corporelle. Cependant, si ces deux journées ne se suivent pas, il n’y aura pas péril en la demeure, quoique cela soit tout de même cause de fatigue anormale et favorise une reprise de poids à l’arrêt du régime, par réduction de la masse maigre et des besoins énergétiques corporels. Ce problème est moins flagrant dans le cadre du régime Shelton, puisque chaque journée apporte des protéines. En ce qui concerne vitamines et sels minéraux, les régimes dissociés autorisant des quantités importantes de fruits et de légumes, l’apport est globalement suffisant et on ne risque pas de carence.

Le régime Montignac

Michel Montignac se présente comme un ancien gros déçu par l’inefficacité des méthodes habituelles, qui s’est donc résolu à inventer le sienne propre et, celle-ci semblant lui réussir, l’a donc proposée au reste du monde. Depuis la fin des années 80, il expose dans ses écrits diverses notions de nutrition en tous points irréfutables, telles que la classification des aliments glucidiques selon l’index glycémique, l’intérêt des fibres dans les régimes amaigrissants ou la responsabilité d’une alimentation trop riche en graisses ou en sucres rapides dans l’obésité. À partir de là, cependant, Montignac infère arbitrairement diverses extrapolations de nature bien plus contestable. Ainsi, selon lui, "les responsables de la constitution anormale des graisses de réserve ne sont pas les acides gras (…) mais les mauvais glucides". Il conclut que, lorsqu’elles sont mangées sans être accompagnées de glucides, les matières grasses ne sont pas stockées. Il semble bien qu’un tel point de vue ne soit partagé par personne dans la communauté scientifique.
Tout cela aboutit en définitive à une variante de régime dissocié, dans lequel le sucre, le pain et la pomme de terre sont diabolisés. Certains aliments sont totalement interdits : le sucre et les aliments en contenant, les pommes de terre, betteraves, carottes, les aliments qui contiennent à la fois des glucides et des lipides, tels les avocats, les pommes de terre frites (doublement pécheresses…), les noix, les noisettes, le chocolat. Les fruits ne peuvent être consommés aux repas, mais on peut en manger entre les repas. Les céréales (riz, pâtes, pain, céréales de petit déjeuner) doivent être brutes, non raffinées, afin de réduire l’index glycémique et prises sans complément lipidique : pas de gruyère sur les pâtes, pas de beurre ou de margarine sur les tartines. Les aliments riches en lipides ou en protéines sont tous autorisés du moment qu’ils ne contiennent pas de glucides : on peut donc manger des œufs, des fromages, des viandes, des poissons, des matières grasses sans limitation de quantité. En ce qui concerne le lait, aliment mêlant traîtreusement du lactose, un sucre, et des matières grasses, seul le lait écrémé est autorisé. Le vin et les autres alcools sont interdits au début, mais la suite du régime s’assouplit et autorise trois verres de vin par jour. En revanche, la bière, les apéritifs et digestifs restent proscrits, de même que les sodas sucrés. Les édulcorants sont tolérés, quoique déconseillés.
Les repas doivent être planifiés de façon rigoureuse à partir des aliments autorisés, afin d’éviter toute prise de glucides et de lipides concomitante. Le repas montignacien numéro un se compose donc d’un aliment protéique, viande, poisson ou œufs, de légumes verts (pas de féculent ou autre légume sec) et de fromage, le tout sans pain. Les quantités ne sont pas limitées et tout cela peut être cuisiné et assaisonné de matières grasses (beurre, huiles, margarines), là aussi sans limitation : on est très proche du régime Atkins. Un dessert est autorisé à condition qu’il ne contienne aucun glucide : farine, sucres, chocolat et fruits sont exclus de sa composition. Un second type de repas (deux à trois fois par semaine) autorise les glucides, mais exclut cette fois-ci les graisses : on peut donc manger pain, féculents, légumes secs, légumes verts (sans graisses de cuisson ou d’assaisonnement), mais pas viandes, poissons, œufs et fromages.

- Efficacité à court terme : Bonne.

- Confort physique : La sensation de faim est le plus souvent modérée du fait de la monotonie des repas, de la richesse en fibres et de la possibilité de manger à volonté les aliments autorisés. En revanche, comme le régime est pauvre en glucides, on est souvent fatigué.

- Confort social : Ce régime est généralement bien vécu par les gros mangeurs, puisqu’on peut manger autant qu’on veut dès lors que l’on ne mélange pas glucides et protides. On peut aussi manger sans trop de problème au restaurant ou chez les amis, puisqu’il s’agit surtout d’écarter le pain et certaines garnitures de plats protéinés. Il faut cependant savoir renoncer aux desserts.

- Plaisir à manger : Quoi qu’en dise l’auteur, il est quelque peu amoindri, surtout dans le cas du sandwich au saucisson, qu’il convient de manger sans pain.

- Mécanisme prétendu : Sans glucides concomitants, les lipides ne peuvent être stockés par nos tissus graisseux. Bien entendu, c’est trop beau pour être vrai. Tout lipide ingéré — avec ou sans glucides — est bel et bien absorbé par le tube digestif, puis, selon les besoins, mis en réserve sous forme de graisse corporelle ou encore utilisé comme source d’énergie. Il est cependant exact que la prise de glucides à index glycémique élevé entraîne bel et bien une sécrétion d’insuline et que cette insuline stimule la croissance des cellules adipeuses.

- Mécanisme réel : La prise calorique se réduit : 1° en raison de la lassitude alimentaire (on se lasse vite du roquefort sans pain); 2° du fait de la réduction des féculents; 3° la richesse en fibres confère une sensation de plénitude de l'estomac.

- Durée prévue du régime : L’auteur distingue une phase I, d’amaigrissement, et une phase II, de croisière, destinée à ne pas reprendre le poids perdu et qui donc être pratiquée à vie. Quoiqu’il prétende que cette phase II comporte peu ou pas de restrictions, des aliments tels que le sucre, le miel, le pain blanc, le lait, le beurre, les fruits au sirop ou les pommes de terre frites n’en restent pas moins définitivement bannis.

- Arrêt du régime : N’y pensons même pas !

- Conséquences sur l’organisme : L’alimentation qui résulte habituellement du régime Montignac est, fort logiquement, pauvre en glucides et proportionnellement trop riche en graisses. Ce régime, s’il n’est suivi que quelques semaines, n’est toutefois pas dangereux pour la santé car les aliments proposés apportent une quantité appréciable de protéines, vitamines et sels minéraux. À plus long terme, la richesse en graisses risque de retentir sur les artères et conduit à une augmentation de l’attirance pour le gras. Enfin, comme avec les autres régimes trop gras, on perd proportionnellement davantage de masse maigre — muscles et organes — qu’avec un régime plus riche en glucides. Si elle augmente la fatigabilité, cette perte de tissus nobles n’influe pas sur les fluctuations de la balance tant qu’on est en période de régime ; mais elle entraîne fréquemment une prise de poids rapide dès qu’on revient à une alimentation traditionnelle.

Les régimes végétariens, végétaliens et macrobiotiques

Ces régimes s’inscrivent en principe dans un cadre plus large, de nature philosophique ou religieuse. Mais comme certains veulent aussi en faire des régimes amincissants, il est bon d’en dire un petit mot ici.

- Efficacité à court terme : Bonne. Ces modes alimentaires peuvent effectivement se transformer en méthodes amaigrissantes efficaces.

- Confort physique : La sensation de faim reste supportable du fait de la richesse en fibres et en sucres lents. Cette richesse en glucides permet également les efforts musculaires, si tant est que l’apport en protéines soit suffisant et équilibré (rappelons que cet équilibre est plus facile à atteindre avec les régimes végétariens qu’avec les régimes végétaliens, ces derniers excluant toute protéine d’origine animale, y compris les œufs, laitages et poissons).

- Confort social : Le partage convivial d’un repas avec famille ou amis devient problématique, à moins de décider de ne plus fréquenter que des adeptes. C’est fort souvent le cas…

- Plaisir à manger : Cela se discute…

- Mécanisme prétendu : Surtout, ne dites pas à un adepte que vous êtes devenu végétarien, végétalien ou adepte de la macrobiotique pour perdre vos kilos surnuméraires, vous vous feriez mal voir.

- Mécanisme réel : Le bannissement des produits animaux aboutit à une alimentation appauvrie en lipides, à une monotonie dans la confection des menus, puisque de nombreuses classes d’aliments sont prohibées. De plus, l’alimentation est riche en fibres du fait de la place accordée aux céréales complètes, aux fruits et aux légumes. Les fibres entraînant une sensation de plénitude gastrique, le régime sera d’autant plus facile à suivre.

- Durée prévue du régime : N’oublions pas qu’il s’agit là, non pas de maigrir, mais de s’accomplir afin de parvenir à l’harmonie avec le grand Tout. Pas question de baguenauder en chemin.

- Arrêt du régime : Il est moral que tout péché soit puni. Ainsi en ira-t-il de la reprise de consommation de produits animaux.

- Conséquences sur l’organisme : un régime végétalien strict (qui exclut tout les produits d’origine animale, viandes, poissons, œufs, laitages) demande, pour ne pas être carencé (en acides aminés indispensables, fer et certaines vitamines) une bonne connaissance de la diététique et une gestion quotidienne de son équilibre nutritionnel. Il s’agit donc là d’une méthode hasardeuse pour l’amateur non éclairé, dont le seul objectif est de perdre du poids. Le problème est cependant nettement moindre pour le végétarien, qui consomme des œufs et des laitages.

Le jeûne complet

C’est dès le siècle dernier que, se rendant à l’évidence que suivre un régime n’est pas chose aisée pour l’obèse, on proposa à ce dernier de ne rien manger du tout, c’est-à-dire de suivre un jeûne complet, l’alimentation se limitant alors à de l’eau, des bouillons ou des tisanes. Il est clair que, dans ces conditions, l’organisme, ne recevant de l’extérieur aucune calorie, est bien forcé de faire appel à ses réserves.
La disparition de la faim au bout de quelques jours et une douce euphorie favorisèrent le succès des cures de jeûne. Celles-ci peuvent se dérouler soit à domicile, soit dans des maisons dites "diététiques". Encouragés par la rapidité de l’amaigrissement (près de huit kilos la première semaine), les médecins et leurs patients prolongèrent ces cures de jeûne parfois plusieurs semaines d’affilée. Certes la perte de poids se ralentissait, mais était malgré tout de l’ordre de dix kilos en deux semaines et de vingt-deux kilos en cinquante et un jours. Comment s’étonner que les candidats aient été de plus en plus nombreux à réclamer leur cure de jeûne ?
Ce bel enthousiasme fut toutefois refroidi par la survenue d’un certain nombre d’accidents mortels. Plusieurs personnes moururent par arrêt cardiaque au cours de leur jeûne, et ce, parfois dès les premières semaines de cure. On constata que le décès était causé par la fonte du muscle cardiaque qui, comme pour les autres organes, survient à partir du moment où on s’arrête totalement de manger. Les protéines sont indispensables à la perpétuelle reconstruction de nos tissus et en leur absence dans l’alimentation, nous perdons chaque jour un peu de notre substance vivante. De plus, comme les cellules cérébrales et les globules rouges du sang ont besoin de glucose pour fonctionner (le cerveau n’accepte de se mettre au régime gras qu’au bout de quelques jours, les globules rouges ne s’y font jamais en absence d’apport alimentaire, l’organisme est conduit à fabriquer le glucose indispensable à partir des protéines. Ainsi se met en place un deuxième mécanisme qui accélère encore la fonte des organes.
Le cœur est un organe particulièrement sensible à cette autodestruction, ce qui explique les morts subites constatées, mais les dégâts ne s’arrêtent pas là. Les défenses immunitaires sont amoindries et l’organisme combattant mal les microbes, on risque des infections virales ou bactériennes. Les cellules de la peau se multiplient moins vite, ce qui peut entraîner les problèmes de cicatrisation. De plus, le jeûne fatigue beaucoup physiquement, car les muscles manquent de carburant et voient leur volume décroître.
Signalons que malgré tous ces aléas, la cure de jeûne est encore bel et bien proposée par divers gourous ou des brebis galeuses de la profession médicale, dans des maisons diététiques qui, malgré des frais minimes de restauration, ont néanmoins des tarifs dispendieux.

- Efficacité à court terme : La méthode est à l’évidence simple et efficace à court terme.

- Confort physique : La faim est importante les deux premiers jours, mais par la suite, elle disparaît pour faire place à un état de bien-être euphorique. C’est une modification du métabolisme qui en est la cause: l’insuffisance de glucides oblige l’organisme à faire appel aux graisses de réserve, ce qui conduit à une augmentation des corps cétoniques dans la circulation sanguine. Ce sont ces corps cétoniques qui produisent ces effets sur la faim et le psychisme.

- Confort social : Comme il est difficile, voire gênant de regarder les autres manger quand on jeûne, autant rester chez soi. D’ailleurs, on n’a guère la force de sortir…

- Plaisir à manger : Nul.

- Mécanisme prétendu : Non seulement on maigrit, mais on se purifie…

- Mécanisme réel : Certes les graisses fondent, mais le reste avec.

- Durée prévue du régime : Jusqu’à deux mois !

- Arrêt du régime : Voilà bien un "régime" qu’on est forcé, un beau jour d’interrompre. Or, dans ce cas, la reprise de poids est inéluctable.

- Conséquences sur l’organisme : Mort possible par arrêt du cœur, affaiblissement général, fonte musculaire, diminution de la résistance aux infections. La perte d’une part importante de masse maigre rend la reprise de poids obligatoire. Après ce type de régime, les besoins en énergie de l’organisme seront nettement diminués et le retour à une alimentation normale aboutit à une reprise pondérale foudroyante. Bien souvent, alors qu’on aura perdu beaucoup de muscle et un peu de graisse, on reprendra beaucoup de graisse et un peu de muscle.

À proscrire, donc, surtout en l’absence de toute action revendicative.

Les régimes Hollywood, ananas et pamplemousse

Vantés pour leurs teneurs en vitamines, sels minéraux et fibres, les fruits sont à la mode. Il n’en fallait pas plus pour que soient proposés des régimes amaigrissants fondés exclusivement sur un ou plusieurs fruits : chaque repas est alors constitué du ou des fruits autorisés.
Les régimes ananas ou pamplemousse ont eu leur heure de gloire. Moins monotone, le régime Hollywood autorise plusieurs fruits, en insistant plus particulièrement sur les fruits exotiques tels que les papayes, ananas et pastèques. Mais, comme les autres régimes frugivores, il est exagérément restrictif en ce qui concerne les autres classes d’aliments, n’autorisant le pain, les féculents et les viandes qu’à raison d’un ou deux repas par semaine, et ce, seulement après avoir passé dix jours pleins à ne manger que des fruits.
Ces régimes font effectivement maigrir, pour les mêmes raisons que les autres régimes miracles : ils n’apportent que peu de calories et sont fort simples à suivre. Acheter et consommer uniquement des fruits ne demande guère d’effort d’imagination et d’organisation. Le total énergétique apporté par cette alimentation ne peut qu’être réduit car les fruits, pauvres en graisses et riches en eau, sont peu denses en calories ; de plus leur consommation exclusive génère rapidement une lassitude qui émousse l’appétit. Le fait de devoir renoncer à toute convivialité ne peut que diminuer encore les apports caloriques dans un premier temps, même si cela constitue, à la longue, un facteur d’échec certain.

- Efficacité à court terme : Bonne. On maigrit.

- Confort physique : On a faim, certes, mais cela reste néanmoins supportable, du fait du bourrage de l'estomac par les aliments riches en fibres. Cependant la fatigue est bien au rendez-vous, du fait de l’absence de protéines.

- Confort social : Bien des singes sont frugivores. On a donc intérêt à s’en faire des amis. Eux ont toutefois droit aux bananes. Pas vous.

- Plaisir à manger : Des fruits, toujours des fruits…

- Mécanisme prétendu : L’ananas contient une enzyme, la broméline, qui favorise la dégradation des protéines. Les fervents de ce fruit exotique en ont aussitôt conclu — à tort — que la broméline pourrait "digérer" les graisses de leurs tissus adipeux. Quant au pamplemousse, il bénéficie, pour de mystérieuses raisons, d’une réputation de fruit à maigrir.

- Mécanisme réel : Dès le départ, on n’absorbe que peu de calories. Et plus ça va, plus on se lasse de manger.

- Durée prévue du régime : Variable selon le fruit et son zélateur.

- Arrêt du régime : L’échec à long terme, du point de vue du poids, est d’ores et déjà programmé avant même de commencer et la reprise de poids est des plus brutales.

- Conséquences sur l’organisme : Les fruits ne contenant pour ainsi dire pas de protéines, ce type de régime entraîne donc une fonte des muscles et des organes. Les risques pour la santé sont les mêmes que ceux du jeûne total : mort possible par arrêt du cœur, affaiblissement général, fonte musculaire, diminution de la résistance aux infections.

La diète protéique et les compléments hyperprotidiques

La diète protéique, à base de compléments protidiques vendus en pharmacie et en magasins spécialisés, ou encore le régime très appauvri en valeur calorique et enrichi proportionnellement en protéines, qui devraient permettre de "maigrir vite et bien", sont les derniers régimes à la mode. Que peut-on en penser ? Lorsque les diètes hyperprotidiques ont été lancées, à la fin des années 60, on espérait bénéficier ainsi des avantages du jeûne complet — l’amaigrissement rapide — sans en supporter les risques, tels la fonte musculaire ou les accidents cardiaques.
Les diètes protéiques à base de poudres connurent un succès considérable dans les années 70, surtout aux États-Unis. Mais en 1977, cinquante-huit personnes moururent d’arrêt cardiaque pendant ou juste après une cure de diète protéique. La plupart des personnes décédées avaient cependant un cœur malade avant de débuter le régime et on ne pouvait donc accuser la diète de façon certaine. Pourtant, dix-sept étaient mortes alors qu’on ne leur connaissait aucun problème cardiaque auparavant et, pour celles-ci, la responsabilité directe de la diète protéique fut mise en cause. L’enquête médico-légale révéla que, dans la majorité des cas, les mélanges de protéines utilisés étaient issus de protéines de collagène ou de tendons pauvres en tryptophane, acide aminé indispensable, mais choisies par l’industrie en raison de leur faible coût de revient et de leur texture particulière. Or, lorsqu’un ou plusieurs acides aminés indispensables manquent, l’apport protéique alimentaire n’assure pas le renouvellement des protéines de l’organisme, et apparaissent alors des problèmes semblables à ceux qui surviennent lors d’un jeûne complet. Les individus décédés avaient par ailleurs prolongé la diète protéique au-delà de deux mois, atteignant souvent six mois ou plus. La mauvaise qualité des protéines et la durée excessive de la diète avaient rendu celle-ci mortelle.
En revanche, lorsque les protéines contiennent tous les acides aminés indispensables et lorsque sa durée n’excède pas quatre semaines, la diète protéique ne lèse pas, mais, au contraire, améliore l’état du cœur des obèses. Ainsi, dans le service de nutrition de l’hôpital Bichat (Paris), ce modèle "prudent" de diète protéique a été prescrit à des milliers de personnes fortes depuis plus de vingt ans, sans qu’aucun accident cardiaque n’ait été détecté. L’utilisation des diètes protéiques n’a pas été interdit par la Food and Drug Administration, organisme américain de contrôle des aliments et des médicaments, mais des règles d’utilisation ont été édictées. La diète protéique doit être suffisamment riche en… protéines : un apport quotidien de 55 g pour une femme de petite taille et de 70 g pour un homme ou une femme de grande taille constituent le minimum. Les protéines doivent en outre être de bonne qualité. Pour ce faire, on préconise de manger des aliments riches en protéines, mais pauvres en calories: viandes ou poissons maigres, blancs d’œufs, fromage blanc à 0 % de matière grasse, dont les quantités seront déterminées par le médecin ou le diététicien.
On peut aussi remplacer les aliments par un mélange industriel de protéines, vitamines, sels minéraux et autres éléments nutritifs essentiels. Les mélanges protéinés se présentent habituellement sous la forme d’une poudre, à diluer dans de l’eau, agrémentée de parfums variés afin de retarder la lassitude alimentaire. Qu’il s’agisse de substituts de repas ou d’aliments maigres riches en protéines, il est important de les répartir sur plusieurs repas quotidiens. On perd en effet plus de graisse et moins de muscles avec quatre repas par jour qu’avec un seul.
Enfin, il n’est pas inutile de consommer des fibres pour réduire la sensation de faim et mieux vaut donc choisir des substituts de repas qui en sont riches, ou bien consommer de la salade verte assaisonnée de citron (et, éventuellement, d’huile de paraffine). On recommande aussi de boire, de l’eau, du thé, des tisanes et bouillons, à raison d’un litre et demi de liquide par jour, afin d’éliminer les déchets de l’organisme, urée et acide urique. La diète protéique peut être effectuée au domicile et est compatible avec la plupart des activités familiales et professionnelles habituelles, pour peu qu’elles ne demandent pas un trop grand effort, surtout sur le plan physique. Le séjour en hôpital ou en clinique est préférable lorsque l’état de santé nécessite une surveillance rapprochée. Enfin, la diète protéique est souvent préconisée dans le cadre d’une cure en milieu thermal ou en maison diététique.

On devrait réserver les diètes protéiques aux personnes obèses massives pour qui un amaigrissement urgent est nécessaire, par exemple en vue d’une opération où l’anesthésie est rendue dangereuse par le surpoids, ou encore aux personnes ayant une obésité parfois modérée, mais souffrant de complications liées au surpoids, hypertension artérielle, arthrose, diabète, pour qui un amaigrissement rapide est vital. Dans de tels cas, il existe une situation d'urgence qui justifie l'usage d'une méthode aux résultats peu durables et présentant d'importants inconvénients à moyen terme. Bien des médecins considèrent cependant qu'on doit aussi prescrire une diète protéique aux personnes ayant une obésité massive, avec un indice de masse corporelle supérieur à 32 kg/m2, même si elles ne présentent pas de complication. Cette position est plus discutable. Quant aux obèses moyens sans problèmes de santé majeurs, on ne peut que leur déconseiller la diète protidique, qui ne peut qu'aggraver leurs difficultés.

- Efficacité à court terme : Bonne. On maigrit très rapidement la première semaine (quatre à cinq kilos), puis plus lentement. La perte de poids est habituellement de huit à douze kilos en trois à quatres semaines.

- Confort physique : La faim disparaît à partir du troisième ou quatrième jour, faisant place à une agréable euphorie, qui se maintient tant que nous ne nous livrons pas à des débauches d’activité. Car, il faut bien en convenir, nous nous fatiguons vite.

- Confort social : Nous sommes malades. Nous ne mangeons pas de la nourriture, mais des médicaments. Qu’on se le dise !

- Plaisir à manger : Les substituts de repas sont soit franchement mauvais, soit au goût amélioré grâce à divers additifs. On ne peut cependant s’attendre à un éblouissement papillaire. Quant aux viandes, poissons et blancs d’œuf, ils lassent eux aussi rapidement.

- Mécanisme prétendu : Nous ne prétendons pas, nous prouvons, grâce à des études sérieuses et approfondies.

- Mécanisme réel : Un apport insuffisant en calories oblige l’organisme à utiliser les réserves de graisses. L’apport suffisant en protéines empêche qu’on perde plus de masse maigre que nécessaire.

- Durée prévue du régime : On conseille généralement de commencer par un régime classique à 1 000 calories par jour durant deux à huit semaines, puis de se limiter à la diète protéique durant trois ou quatre semaines. On reprend une alimentation plus copieuse progressivement, en augmentant les apports de 200 à 400 calories toutes les deux semaines. On recommande vivement de ne pas suivre une diète protéique plus de quatre semaines d’affilée. Par contre, si cela s’avère nécessaire, on peut réaliser plusieurs diètes protéiques, espacées d’au moins deux mois de régime moins strict.

- Arrêt du régime : La diète protéique est présentée le plus souvent comme une étape dans une prise en charge de longue durée, car le corps médical est bien conscient de la tendance spontanée à la reprise pondérale dès l'arrêt de la diète. En fait, c'est ce qui se passe dans la majorité des cas: après 1 an, 80 % des personnes qui ont suivi une diète protéique ont repris le poids perdu.

- Conséquences sur l’organisme et le psychisme : Le poids perdu correspond pour plus de 80 % à du tissu graisseux. La diète protéique limite la perte de muscles et de viscères à leur partie excédentaire liée à l’obésité. Néanmoins, cette baisse du volume des muscles et des viscères s’accompagne d’une réduction d’environ 15 % des dépenses énergétiques du métabolisme basal. Le corps s’adapte en brûlant moins de calories, comme s’il cherchait à résister aux effets du régime. Cette adaptation ralentit l’amaigrissement, et rend difficile la stabilisation pondérale. De plus, la réintroduction des aliments évités durant la phase de diète protéique est problématique et conduit le plus souvent à des compulsions alimentaires et une reprise de poids. Au total, il est fréquent que la pratique de la diète protéique conduise à une entrée dans le système de la restriction cognitive ou à son renforcement, avec son cortège de poids en yoyo, de troubles du comportement alimentaire, de perte de l'estime de soi et de dépression.

  • Dernière mise à jour: 19/11/15 16:53
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