Jeudi 23 mai 2019

Rencontres 2011

L’obésité de l’enfant est devenue un problème de santé publique d’autant que, selon la formule de Freud, l’enfant est le père de l’homme : les surcharges de l’enfance, surtout les plus précoces, conditionnent en effet les corpulences ultérieures.
Comme toujours, le champ pédiatrique recouvre les mêmes aspects que celui de l’adulte, pathologies dégénératives et complications métaboliques en moins ; c’est pourtant au nom de ces pathologies émergentes chez le grand enfant et l’adolescent que les thérapeutiques chirurgicales bariatriques font leur apparition.
La majorité des travaux concernent dans ce domaine la prévention et l’épidémiologie tandis que la thérapeutique reste trop souvent centrée sur un improbable équilibre alimentaire, loin de la question du sujet et de son environnement.
C’est pourquoi nous avons essayé de centrer notre congrès sur une authentique clinique de l’enfant et de l’adolescent obèse en souffrance avec son comportement alimentaire et sa corpulence.
Fort de l’expérience acquise auprès de nos patients adultes qui nous racontent le souvenir des prises en charge pénibles, au résultat fugace, vécues lors de l’enfance ou de l’adoles- cence, adoptons nos pratiques.
Grâce aux connaissances actuelles de la « maladie » obésité, ne répétons pas les mêmes erreurs. Cessons de leur en faire porter l’entière responsabilité.
L’enfant et l’adolescent obèse sont des individus respectables comme les autres. Apprenons à les écouter, à les comprendre et à les aider au mieux.
Que les adultes qui entourent les jeunes reprennent leur place d’éducateurs et de modèle. Sans doute sera-t-il nécessaire d’attendre un certains temps pour que des changements de fond s’effectuent dans notre société de consommation, que cette abondance alimentaire et cette quête de la nouveauté perdent de leur attrait.
En attendant, faisons au mieux et donnons aux jeunes en difficulté avec leur poids l’envie et les moyens « d’être ».


Katherine KURETA-VANOLI et  Bernard WAYSFELD

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