Samedi 25 novembre 2017

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23, 24 et 25 Novembre 2017
Amour, Fécondité, Kilos

Faculté de Médecine   75006 PARIS
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La pleine conscience fait-elle maigrir?

Selon Jon Kabat-Zinn (1979), pleine conscience signifie être attentif d’une manière particulière:délibérément, dans le moment présent et sans jugement de valeur. Inspirée de la pratique bouddhiste, elle a été évaluée scientifiquement par les psychothérapeutes d'orientation TCC dans des programmes de réduction du stress et de la douleur chronique (Mindfulness Behavior Stress Reduction ou MBSR) ou de prévention des rechutes dépressives (Mindfulness Based Cognitive Therapy ou MBCT). La thérapie d'Acceptation et d'Engagement, ou Acceptance and Commitment Therapy, qui utilise elle aussi des techniques de pleine conscience, a aussi fait la preuve de son efficacité dans différentes indications.

Selon les chercheurs de la dépression, l’action de la pleine conscience réside essentiellement en ses effets sur les ruminations et l’impulsivité. C’est précisément ce qui a attiré notre attention. Gérard Apfeldorfer et moi-même nous interrogions depuis plusieurs années sur les moyens de résoudre certaines difficultés particulières de nos patients : ce qui fait problème, ce n’est pas qu’ils ont des pensées et des émotions douloureuses, mais que celles-ci les fassent manger pour en réduire les effets désagréables. Cette observation rejoignait celles de David Barlow: pour lui, la persistance de la détresse émotionnelle s’explique par les tentatives pour y échapper. Si bien qu’une partie de la solution ne consiste pas toujours à chercher un moyen de se soustraire à ses pensées et ses émotions, mais au contraire à augmenter sa capacité à se maintenir dans des situations d’inconfort émotionnel. C’est précisément ce que permet la pleine conscience.
Nos pensées, images mentales, auto-commentaires sont des événements mentaux qui apparaissent dans le champ de notre conscience. Ils sont parfois porteurs d’une charge émotionnelle que nous pouvons redouter et que nous cherchons à annuler par des moyens divers.
En fait, nos pensées vont et viennent, et s’évanouissent lorsque nous ne les considérons pas comme des problèmes à résoudre. Nos émotions sont alors des états transitoires naturellement destinés à disparaître, au contraire des humeurs.
Lorsque nos émotions persistent, c’est que nous nous comportons face à nos événements mentaux comme nous le faisons face à des problèmes extérieurs à nous-mêmes. Nous cherchons alors à les combattre, les annuler, et c’est cette lutte qui les conduit à persister ou à se développer.
La pleine conscience nous propose une façon toute différente et, il faut bien l’admettre un peu contre naturelle, de gérer nos pensées, images mentales ou nos auto-commentaires, et les émotions qu’ils allument : nous les observons sans jugement, sans leur chercher de solutions, avec une attitude de curiosité et de bienveillance.
Ce qui ne s’oppose en rien au fait de réfléchir ou d’agir en vue d’en neutraliser les causes, mais dans un second temps. Nous reviendrons bientôt sur les aspects pratiques de ces nouvelles techniques, à la fois dans le domaine émotionnel et dans le comportement alimentaire.
Jean-Philippe ZERMATI, Gérard APFELDORFER

  • Dernière mise à jour: 19/11/15 16:53
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