Dimanche 19 mai 2019

GROSInfo n°9 janvier 2013: Spécial Congrès

Mon incarnation me permet d’être en interaction avec le monde, ce qui m’occasionne des sensations. Par là même, je me sens vivant, présent, et qui plus est, je suis à même d’en prendre conscience.
Personnellement, je ne m’en lasse pas. Vivre, c’est épatant. Aujourd’hui, par exemple, j’ai un peu mal au dos et je me tiens tout tordu. Eh bien, lorsque je le vois, ce mal de dos, comme un rappel de ma condition d’être incarné, je le trouve acceptable, voire réjouissant. J’explore ma douleur, j’en repère les saillies, et je me dis que ce mal de dos est mieux que rien, ce rien du néant qui, à un moment ou un autre, m’aspirera, comme il se doit.
Oserais-je faire le rapprochement avec le corps gros qui nous occupe tant ? Ce corps peu conforme, si difficilement aimable ? Et si, finalement, aimer son corps n’était pas le point crucial ? Si l’important était plutôt de le reconnaître comme objet de son incarnation ? C’est par ce corps-là que j’existe, et tel est l’objet de ma re-connaissance.
Bon, me direz-vous, et tous ces stéréotypes, ces discours à plume et à poil qui l’inondent, ce corps ? Discours sociaux et médicaux d’appel à la conformité, jugements à l’emporte-pièce, verbalisations de soignants empêtrés de mots ? Bah, laissons les crapauds baver tandis que la caravane passe.
Nos Rencontres 2012 m’ont rappelé à quel point les discours sur le corps sont insignifiants, à quel point les thérapies purement verbales manquent de corps. Mon corps n’est pas non plus un objet dont il suffirait de contrôler les entrées et les sorties, ou qu’on sculpterait à son gré. Non, mon corps est ma maison, et demande à être habité. Mon corps demande à vivre : telle doit être sa thérapie, et cela, il me semble, a été largement démontré durant cette journée et demi.
Quelle que soit la forme de mon incarnation a prise, son aspect extérieur, quels que soient les sensations, émotions, pensées, agréables ou désagréables qui m’habitent, c’est par ce corps que je suis au monde, que je me frotte aux autres, que je ressens, que je pense, que j’agis, que je m’engage dans des actions qui, à mes yeux, en valent la peine, qui font la richesse de ma vie. La souffrance qui découle de cela, oui, je l’accepte car elle fait corps avec ma vie.
Bon, quoi qu’il en soit, je vais tout de même prendre une ou deux aspirines. Bonne année à tous !

Gérard Apfeldorfer

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Sommaire du numéro :

Le congrès vu par ...
Le président du congrès page 3
Les présidents du GROS page 4
La vice-présidente du GROS page 5

Incarner l’être
Vignette clinique: Victor et le mal de mère, Vincent Dodin page 6

Activer son corps
Edouard Rodriguez page 7

Au commencement était le corps
La contenance psychique, vignette clinique, Antoine Ducret page 9
L’image du corps, vignette clinique, Eric Pireyre page 11

Minceur et stigmatisation
Sylvie Benkemoun page 13

Clinique du corps page 14
L’homme est-il en train de devenir une femme comme les autres ? Sophie Cheval  

  • Dernière mise à jour: 19/11/15 21:37

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