Jeudi 23 novembre 2017

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23, 24 et 25 Novembre 2017
Amour, Fécondité, Kilos

Faculté de Médecine   75006 PARIS
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Exercice physique et amaigrissement

Faut-il faire du sport pour maigrir ?

La réalité du corps gros

Pour la personne obèse, la réalité du corps gros s’impose à elle tous les jours dans la souffrance :

  1. la souffrance physiquement vécue rassemble un ensemble de plaintes quotidiennement recueillies: essoufflement, douleurs, perte de mobilité, jambes lourdes, transpiration, irritations cutanées, sexualité limitée, habillement inadapté, déplacements difficiles dans l’environnement urbain.
  2. la souffrance psychiquement vécue est, quant à elle, essentiellement liée au regard de l’autre et aux normes corporelles imposées par la société, qui développent chez le sujet obèse un sentiment d’anormalité et de culpabilité mélangées.

La plupart des stratégies qui visent la réduction de la souffrance vécue par le sujet obèse, visent aussi et presque exclusivement la réduction du poids :
«vous avez mal aux genoux, maigrissez !»
«vous êtes essoufflés, maigrissez !»
«vous perdez de la mobilité, maigrissez !»
«vous vous sentez mal dans votre peau, maigrissez !»
«bref vous êtes trop gros, alors maigrissez ! »
«Et si vous n’arrivez pas à maigrir, c’est que vous n’avez pas eu le déclic, alors faites une psychothérapie, car maigrir c’est dans la tête !»

Lorsqu’on connaît la difficulté à obtenir un amaigrissement durable, la plupart des personnes obèses vivent donc en permanence, comme l’aurait dit Danielle Bourque, « A 10 kilos du bonheur», donc à côté de leur corps.
Peu de patients, dans les consultations médicales, sont orientés vers des thérapeutes corporels, kinésithérapeutes ou psychomotriciens par exemple, qui pourraient les aider dans le domaine de la douleur, de la mobilité ou de l’image du corps.
Il faut dire que les thérapeutes corporels eux-mêmes n’offrent pas toujours le meilleur accueil au patient obèse, qui pourtant aura déjà vaincu beaucoup de réticences pour venir jusqu’à lui. Décidément le gros corps n’a qu’à maigrir pour qu’on le prenne en charge !

Dans ces conditions, le corps perd sa qualité de corps vécu pour se retrouver à l’état de chose, c’est-à-dire d’objet et non plus de sujet. La personne obèse se présente donc souvent comme une tête pensante et un corps désaffecté.
Sa maison-corps finit par ne plus être habitée, tout au plus devient-elle un corps étranger, objet de haine et de dégoût.

Le poids et l’exercice physique

Ce qui est VRAI : l'activité physique modérée aide la stabilisation et la perte de poids.

  • L’activité physique, qu’il s’agisse de sport, de marche, de la pratique du vélo, de jardinage ou d’activités ménagères, joue un rôle non négligeable dans la prévention du surpoids et de l’obésité.
  • Le surpoids est favorisé par un mode de vie sédentaire : les dépenses musculaires sont réduites au minimum. — Si la sédentarité est l’une des causes de l’obésité, elle en est encore plus sûrement une conséquence. C’est le début d’un cercle vicieux.
  • L’obésité morbide conduit inexorablement à préférer l’immobilité à l’activité pour pouvoir oublier un corps, souvent douloureux, et détesté.
  • Pour stabiliser son poids : 30 minutes minimum de marche (ou l’équivalent en vélo, natation, etc.) seraient nécessaires tous les jours de la semaine.
  • Pour espérer perdre un peu de poids: 60 à 75 minutes de marche (ou l’équivalent) seraient nécessaires tous les jours de la semaine.
  • Mais les principaux intérêts de l’activité physique, ne sont pas en relation directe avec le poids : réduction des désordres biologiques (hypertension, triglycérides, hyperglycémie, cholestérol, etc.), maintien et renforcement des capacités physiques, de l’autonomie et de la vie relationnelle.

Ce qui est FAUX : les personnes obèses doivent se lancer dans le sport intensif.

- S'il est exact que seul un exercice physique de longue durée et suffisamment intensif permette de se muscler et corresponde à une déperdition calorique significative, il n'en reste pas moins que la personne obèse qui pratiquerait un sport intensif s’exposerait à des risques rhumatologiques et cardio-vasculaires importants.

- L'exercice modéré, quant à lui, représente une faible déperdition d’énergie: pour brûler un kilo de graisse, il faudrait 63 heures de marche à bonne allure!

- L'amaigrissement par le sport s'avère donc en pratique plus aisé à dire qu'à faire!

- Pour lutter contre un mode de vie sédentaire sans avoir recours au sport, certains préconisent l’accumulation de mouvements et de petits déplacements au cours de la journée.

- Rappelons qu’il n’y a pas de pratique sportive bénéfique sans une bonne récupération : sommeil, relaxation et massages doivent en être la récompense.

- Rappelons enfin que le mot « sport » qui nous vient d’outre-manche, nous a été en fait emprunté et légèrement transformé par nos amis britanniques. « Sport » vient donc du vieux français « desport » qui signifiait divertissement. Si le sport est une corvée ce n’est donc pas l’esprit du sport.

Faire du sport, ou bien se réconcilier avec son corps ?

  • Mieux vaut donc ne pas martyriser un corps qui l'est déjà bien assez comme ça, commencer en douceur et voir dans l'exercice physique une façon de renouer contact avec son corps, de se réconcilier avec lui.
  • L’important est d’être à l’écoute de son corps: il s’agit de l’écouter respirer, d’apprendre à le relaxer, à l’étirer, à le renforcer, à l’assouplir. Partir à la découverte de son corps, de ses postures, de sa respiration, de ses mouvements est une profonde démarche de connaissance et d’affirmation de Soi. En renouant ainsi contact avec son corps, on rétablit un certain équilibre intérieur, physique et psychologique. Remettre son corps en action, c’est bien, mais le remettre en sensations, c’est encore mieux. Car c’est à partir de ses sensations, de ses perceptions internes, qu’on contrôle ses besoins en général et ses besoins alimentaires en particulier.
  • Le voilà, le véritable intérêt de l’activité physique : retrouver le contrôle de son corps, de ses besoins, de ses envies, diminuer le stress et éviter les dérapages alimentaires qui ont été, le plus souvent, renforcés par la pratique des régimes.

A qui s'adresser: masseur-kinésithérapeute, psychomotricien ou «prof de gym»?

Réduire le handicap physique avec un Kinésithérapeute

Dans les situations où le handicap physique est prédominant, le recours aux compétences d’un masseur-kinésithérapeute est nécessaire. Pour traiter les foyers douloureux invalidants, ce spécialiste peut avoir recours aux thérapies manuelles (dont les massages) et éventuellement à l’électrothérapie à visée antalgique.
Pour traiter les ralentissements circulatoires lymphatiques, le recours au drainage manuel est possible. Pour participer à la prise en charge des complications ostéo-articulaires et cardiorespiratoires, une rééducation fonctionnelle en piscine est particulièrement bien indiquée. Il est aussi dans la compétence du kinésithérapeute de proposer des exercices de gymnastique adaptés aux capacités du patient.
Nous insistons particulièrement sur la rééducation en piscine qui permet d’accroître le confort du patient à l’effort et de réduire les effets ankylosants de la pesanteur. Par exemple la marche peut être sensiblement améliorée chez un patient souffrant d’arthrose des genoux à raison d’une à deux séances de piscine par semaine. A noter que la rééducation en piscine, une fois qu’elle a porté ses fruits, peut être prolongée par des séances de gymnastique aquatique.

Consolider l’image du corps avec un Psychomotricien

Dans les cas où les perturbations du schéma corporel et/ou de l’image du corps sont dominants, le recours aux compétences d’un psychomotricien est nécessaire. L’approche psychomotrice consiste à développer une connaissance vécue du fonctionnement corporel.
Le psychomotricien, par l’intermédiaire de techniques de relaxation ou d’étirements, peut aider le patient, de façon ludique, à restructurer la perception qu’il a de son corps et diminuer éventuellement l’influence du stress.
Par l’intermédiaire de techniques mettant en jeu le rythme, il peut aider le patient à recréer un certains nombres de coordinations dont la marche et lui faire reprendre goût au mouvement.
Par l’intermédiaire de techniques mettant en jeu le dialogue corporel, il peut aider le patient à s’engager corporellement dans la relation à autrui. En complément de ces techniques un certain nombre de moyens expressifs peuvent être exploités: le dessin, la peinture, le modelage et bien sûr la parole. L’un des objectifs de cette approche est précisément de favoriser l’expression du vécu corporel du patient car c’est là l’un des éléments indispensables à la restructuration de l’image du corps.
Dans cette perspective, il s’agit d’offrir au patient un espace d’expériences concrètes, afin qu’il vive la réalité de son corps le mieux possible. C’est alors que le corps peut enfin se faire oublier et devenir d’une familiarité merveilleusement étrange. Ce travail est en général proposé de façon individuelle mais il peut aussi être proposé en groupe selon les cas.

Pratiquer une activité corporelle avec un « Prof de gym »

Les clubs de gym aux enseignes les plus connues n’offrent pas toujours le cadre adéquat et les compétences nécessaires à l’accueil de personnes en difficulté avec leur corps en général et leur poids en particulier.
Les associations de quartier (se renseigner à la mairie) peuvent en revanche offrir une prestation de qualité.
Les activités les plus conseillées sont celles qui visent le bien-être, la conscience du corps et la convivialité : l’aquagym, le yoga, le taï-chi-chuan, le stretching, la gym douce, la gym holistique, la méthode Feldenkraïs, les danses (africaine, orientale, bretonne, etc.), le Kinomichi, etc. Le critère de choix principal est l’affinité que l’on a pour telle ou telle activité, oublions les calories à dépenser. Penser également à l’organisation du planning: faire 2 heures de transport pour une heure de gym n’est pas forcément très rentable. Au-delà du choix de la discipline la pédagogie, l’écoute et la créativité du professeur sont déterminantes. Attention aux soi-disants puristes qui privilégient la technique au détriment du corps.
Pour les plus riches, le coach à domicile, en séances individuelles, est une solution attrayante mais qui risque de diminuer la motivation au bout d’un certain temps, gare à la routine.

Références : Dalarun P. Obésités, activité physique et thérapie psychomotrice. Information Diététique 2002; 1 : 6-10. Dalarun P. Les étapes d’une restructuration de l’image du corps. Revue de nutrition pratique n°15 Dietecom 2002 ;79-83

Voir aussi : Pierre Dalarun ( Psychomotricien, Paris): Mieux considérer son corps. (article accessible en ligne)

  • Dernière mise à jour: 10/08/17 14:15
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