Vendredi 25 septembre 2020

Portrait de Association GROS
Confinement : arrêtons d’agiter la prise de poids comme une menace

ARTICLE DES INROCKS  (lien)
Par
Elsa Pereira- 01/04/20 17h30
 
À force de s’envoyer des photomontages de nous avec 20 kilos en plus, on participe au discours grossophobe. Voilà pourquoi c’est un problème. 

“La crise sanitaire est à nos portes et on se préoccupe de notre tour de taille”, soupire Gabrielle Deydier, autrice d'On ne naît pas grosse (éd. Goutte d'or). Nous sommes le 17 mars, quand Cyril Hanouna lance sur les réseaux sociaux le hashtag #onvaprendre20kg. La France n’était pas officiellement entrée en confinement que l’angoisse des bourrelets pointaie déjà le bout son nez.

Sur Instagram, de nombreux·ses internautes emboitent le pas. Certain·es s’amusent à poster des images de “Fat Monica” de Friends un donut à la main avec pour légende “moi à la fin du confinement”, d’autres à se photoshopper avec des dizaines de kilos en plus. “On s’entraîne, sinon on va prendre 45 kg en quinze jours”, lâche un influenceur dans une story. “Confinement : comment ne pas prendre 3 kg (voire plus) pendant la crise du coronavirus”, titre un magazine féminin.

Le bikini body à l’épreuve du coronavirus

A l’heure de la réclusion forcée, la hantise de grossir est omniprésente et s’accompagne sans surprise d’un discours teinté de grossophobie. “Nous sommes en pleine pandémie, des milliers de personnes sont déjà mortes et on s’inquiète de l’image que l’on aura lorsque tout ça sera fini. Et donc le pire qui pourrait nous arriver, pendant ce confinement, c’est de devenir gros ?” déplore Gaëlle Prudencio, blogueuse body positive qui s’est fendue d’un article sur son blog lorsqu’elle a vu les boutades grossophobes se multiplier. “Votre bikini body, c’est le cadet de nos soucis”, écrit-elle.

Derrière la recherche du tweet qui fera mouche, il y a un nuage de stéréotypes tenaces qui associent les gros à la sédentarité, à l’hyperphagie et au manque d’exercice physique. Le mythe du gros qui se goinfre de chips depuis son canapé s’est invité dans les timelines.

“Lorsque j’ai vu les photos retouchées des chroniqueurs de l’émission Touche pas à mon poste ! ce qui m’a le plus sauté aux yeux, c’est l’image qu’ils ont des gros. Leur vision du gros est moche”, confie Gaëlle. Matthieu Delormeau avec un double menton, Benjamin Castaldi le visage bouffi… Les traits physiques raillés à l’antenne participent d’une grossophobie décomplexée.

À force de s’envoyer des photomontages de nous avec 20 kilos en plus, on participe au discours grossophobe. Voilà pourquoi c’est un problème. 

“La crise sanitaire est à nos portes et on se préoccupe de notre tour de taille”, soupire Gabrielle Deydier, autrice d'On ne naît pas grosse (éd. Goutte d'or). Nous sommes le 17 mars, quand Cyril Hanouna lance sur les réseaux sociaux le hashtag #onvaprendre20kg. La France n’était pas officiellement entrée en confinement que l’angoisse des bourrelets pointaie déjà le bout son nez.

Sur Instagram, de nombreux·ses internautes emboitent le pas. Certain·es s’amusent à poster des images de “Fat Monica” de Friends un donut à la main avec pour légende “moi à la fin du confinement”, d’autres à se photoshopper avec des dizaines de kilos en plus. “On s’entraîne, sinon on va prendre 45 kg en quinze jours”, lâche un influenceur dans une story. “Confinement : comment ne pas prendre 3 kg (voire plus) pendant la crise du coronavirus”, titre un magazine féminin.

Le bikini body à l’épreuve du coronavirus

A l’heure de la réclusion forcée, la hantise de grossir est omniprésente et s’accompagne sans surprise d’un discours teinté de grossophobie. “Nous sommes en pleine pandémie, des milliers de personnes sont déjà mortes et on s’inquiète de l’image que l’on aura lorsque tout ça sera fini. Et donc le pire qui pourrait nous arriver, pendant ce confinement, c’est de devenir gros ?” déplore Gaëlle Prudencio, blogueuse body positive qui s’est fendue d’un article sur son blog lorsqu’elle a vu les boutades grossophobes se multiplier. “Votre bikini body, c’est le cadet de nos soucis”, écrit-elle.

Derrière la recherche du tweet qui fera mouche, il y a un nuage de stéréotypes tenaces qui associent les gros à la sédentarité, à l’hyperphagie et au manque d’exercice physique. Le mythe du gros qui se goinfre de chips depuis son canapé s’est invité dans les timelines.

“Lorsque j’ai vu les photos retouchées des chroniqueurs de l’émission Touche pas à mon poste ! ce qui m’a le plus sauté aux yeux, c’est l’image qu’ils ont des gros. Leur vision du gros est moche”, confie Gaëlle. Matthieu Delormeau avec un double menton, Benjamin Castaldi le visage bouffi… Les traits physiques raillés à l’antenne participent d’une grossophobie décomplexée.

“Utiliser ce genre d’images pour se moquer, même de soi, c’est occulter la réalité des personnes grosses”, poursuit la blogueuse. Si la crainte de prendre quelques kilos est légitime, le message envoyé aux personnes en surpoids est accablant : leur corps est vu comme un échec.

Le culte de la performance

Pour Sylvie Benkemoun, psychologue et présidente du G.R.O.S (groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids), ces interventions ridiculisent et diabolisent les personnes en surpoids, et en rire entretient les clichés. Qu’est-ce qui pousse alors au commentaire grossophobe ?

“Les stéréotypes sont des pensées inconscientes, ceux de la grossophobie sont alimentés par des considérations religieuses comme le péché de gourmandise et par des valeurs morales. Le gros, c’est celui qui prend plus que sa part, qui pique celle du voisin”, explique la psychologue.

Selon Dominique-Adèle Cassuto, médecin nutritionniste et endocrinologue, c’est la peur de manquer additionnée à la crainte de prendre du poids qui explique la recrudescence de ce genre d’attaques. “La plupart du temps, les personnes qui postent ce type de contenu sont celles qui se restreignent, qui angoissent à l’idée de ne pas faire leur sport, d’être enfermées avec des stocks de nourriture. Ces messages prennent pour elles la forme d’exutoires.” Les photomontages sont l’extériorisation d’une peur qui est devenue avec le temps, une obsession.

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