Lundi 21 janvier 2019

Comment lutter contre la stigmatisation de l'obésité ?

Jeffrey Sobal propose un modèle pour "faire face à l’obésité" qui s’articule sur quatre étapes (Sobal 1991) :

  • La reconnaissance. Il s’agit de permettre l’identification et la prise de conscience des mécanismes de la stigmatisation.
  • L’anticipation. Elle prépare les obèses aux effets de la stigmatisation, leur permettant de repérer les différents contextes sociaux où elle se manifeste et certaines catégories de personnes qui sont les acteurs concrets de la discrimination ("les grands stigmatiseurs" de Goffman).
  • La réaction. Elle rassemble différentes attitudes psychosociales et techniques comportementales immédiates et à long terme, permettant de mieux assumer la stigmatisation.
  • La réparation. Elle cherche à faire reconnaître, par la société et les autorités sanitaires et administratives, le phénomène de stigmatisation et tente de promouvoir les actions de communication, voire des réformes législatives susceptibles de transformer les attitudes sociales envers l’obésité.
  • (Propositions reprises par le sociologue Jean-Pierre Poulain (Jean-Pierre Poulain, Rossana Proença, Sandrine Jeanneau et Laurence Tibère. "T’as vu comme t’es gros? Faire face à la stigmatisation sociale des obèses", p 11 et 12)

La lutte contre la stigmatisation peut être envisagée sous 2 angles :

  • Assistance et accompagnement des sujets obèses en vue de les aider à mieux supporter la stigmatisation et d’y faire face.
  • Actions auprès des acteurs sociaux dans le but de leur faire prendre conscience des mécanismes de la stigmatisation et d’en limiter les effets.

Les actions peuvent se situer au niveau de :

  • Communication/publicité : via les orientations de santé publique.
  • Ecole/enseignants surtout professeurs de gymnastique. L'exercice physique pourrait constitue un levier d’intégration des enfants obèses et pourrait contribuer à leur valorisation, plutôt qu'à leur dévalorisation.
  • Milieu médical : il y a, de ce côté là, sans doute beaucoup à faire…
  • Grand public : on pourrait par exemple envisager d’intervenir dans le processus social qui organise, légitime et propage les représentations qui sous-tendent la stigmatisation. Pourquoi pas des campagnes de communication de masse, des actions de soutien aux organisations de défense des obèses, voire, comme vient de le décider l’Espagne, l’interdiction de la diffusion d’images de mannequins et de top models au look trop anorexique et dont l’IMC est inférieur à certaines valeurs?

"Un gros espère toujours un peu malgré ses innombrables échecs. Le regard de l’autre lui demande d’espérer. Un regard lourd à porter, beaucoup plus lourd que notre poids."
Anne Zamberlan (co-fondatrice d’Allegro Fortissimo)

  • Dernière mise à jour: 19/11/15 16:53
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