Jeudi 23 novembre 2017

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23, 24 et 25 Novembre 2017
Amour, Fécondité, Kilos

Faculté de Médecine   75006 PARIS
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Ce qui se fait, ce qui se dit

L’enfant n’échappe pas à la course générale à la minceur ni aux préconceptions de l’époque. Il croit donc, comme les adultes le lui enseignent, qu’être gros est une faute, qu’il convient d’avoir honte d’être gros ou de faire honte aux gros. Il croit qu’il y a des aliments grossissants (mais ce sont les meilleurs) et d’autres qui« font maigrir » (mais ce sont ceux qu’il n’aime pas).

Selon beaucoup de médecins, de diététiciens et d’autres prescripteurs, il s’agit donc pour l’enfant d’éviter les premiers et manger davantage des seconds. Les enfants n’y arrivent pas mieux que les adultes.

La politique de santé actuelle préconise :

Au niveau national : le Plan national nutrition santé enfant, PNNS enfant, encourage à « manger équilibré », à éviter les excès de sucre et de matières grasses et à beaucoup bouger. Mais ce discours est souvent contradictoire: d’un côté il incite à respecter le plaisir, le goût, la tradition familiale, de l’autre il conseille de manger équilibré. Pas facile dans le quotidien de respecter tout cela à la fois.

A l’école et au collège : l’équilibre nutritionnel est aussi utilisé comme outil de lutte contre l’obésité, alors qu’il s’agit plutôt d’une façon de manger qui aide à apporter au corps les nutriments nécessaires à une bonne santé.
Dans beaucoup de cantines scolaires, on essaie de donner des repas équilibrés aux élèves, c’est-à-dire des repas comprenant notamment une source de protéines (viande, poisson ou oeufs), un fruit et/ou un légume, un laitage et un féculent ou du pain. Mais pourquoi insister pour que les enfants finissent leur assiette? Cette attitude a pour effet de faire manger les enfants au delà de leur faim ou de les dégoûter de certains aliments.
Le retrait de distributeurs de friandises dans les collèges et lycées renforce l’idée que certains aliments font grossir et d’autres pas. L’arrêt et même l’interdiction des goûters du matin dans un grand nombre d’écoles va dans le même sens.
La croyance générale est qu’il y aurait des aliments qui seraient grossissants par nature. Comme il est impossible de les interdire complètement, que cela augmente la culpabilité et l’anxiété de grossir, il est probable que tout cela débouche sur une augmentation des compulsions alimentaires… et de l'obésité!
Ne vaudrait-il pas mieux faire l’éducation alimentaire des enfants, leur apprendre à consommer intelligemment les aliments très caloriques?

Au niveau des villes : l’expérience des villages de Fleurbaix et de Laventie dans le Nord de la France a donné lieu depuis 2004 à l’EPODE, expérience conduite dans 10 villes en France où on essaie d’éduquer les enfants à l’équilibre alimentaire dès leur plus jeune âge, en les incitant à favoriser les aliments peu denses en calories et délaisser les aliments plus caloriques.
On incite également les enfants à bouger davantage en organisant des activités sportives et des systèmes de trajet maison-école à pied. L’objectif dans ces expériences est donc aussi d’induire des choix différents par la connaissance, les cognitions, en apprenant à classer les aliments en «bons» et «mauvais».

Au niveau médical : le dépistage de l’obésité dans les écoles et lors de journées de dépistage, les conseils diététiques donnés par les médecins généralistes, pédiatres ou nutritionnistes ainsi que par les diététiciens vont dans le même sens: on donne des conseils nutritionnels, on exorte à «bouger plus». Les spécialistes les plus pointus conseillent d’éviter une restriction trop sévère, de ne pas mettre un enfant au régime avant 9-10 ans, d’éviter les régimes stricts pendant l’enfance ou pendant l’adolescence.
Ces conseils sont malheureusement loin d’être respectés par tous les professionnels médicaux et on voit souvent des enfants à qui on a prescrit des régimes particulièrement restrictifs.

Les centres de cure : une bonne vingtaine de centres de cure pour enfants et surtout pour adolescents accueillent en France de jeunes obèses sur des périodes de quelques semaines à 10 mois, voire plus. L’avantage (mais parfois aussi l’inconvénient) de ces séjours est la coupure avec le milieu familial devenu parfois difficile à vivre, soit à cause du poids de l’enfant, soit pour d’autres raisons.
Ils permettent à l’enfant de perdre du poids et de trouver une meilleure estime de soi, de s’ouvrir davantage aux autres. L’alimentation y est généralement diversifiée, et il y a peu ou pas d’interdits, mais des quantités à respecter. Les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances: on assiste malheureusement à des reprises de poids après le séjour dans environ 2/3 des cas.

Roller kid (Avie santé): un réseau s’est monté entre médecins généralistes pour une prise en charge pluridisciplinaire entre médecins et éducateurs sportifs d’enfants en surcharge pondérale. On met l’accent sur l’exercice sportif et non sur les raisons qui ont poussé l’enfant à trop manger au départ.

La prise en charge psychologique : on part alors du principe qu’un enfant qui mange trop a besoin d’être écouté et compris pour n’avoir plus besoin de manger autant. Cependant une psychothérapie accompagnée d’un régime restrictif perd beaucoup de son sens.

  • Dernière mise à jour: 19/11/15 16:54
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