Samedi 14 décembre 2019

L'espace membres est en cours de maintenance. Son accès rouvrira début décembre.

Portrait de Florence URBAIN
à écouter : Céline Alvarez : "Le système scolaire entrave le fonctionnement naturel de l'enfant"

Céline Alvarez : "Le système scolaire entrave le fonctionnement naturel de l'enfant"

à réécouter ici : https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20/l-invite-de-8h20-01-septembre-2016

Dans cette émission, Cécile Alvarez, ancienne institutrice et aujourd'hui pédagogue tente de repenser notre système éducatif, notamment en associant les neurosciences à l'enseignement. Elle propose des méthodes adaptées, respectueuses du fonctionnement humain et de la manière dont on apprend. Selon les études sur lesquelles elle appuie sa méthode, deux composantes sont essentielles dans l’apprentissage : l’autonomie et la bienveillance.

A propos de l’autonomie, Céline Alvarez explique que l’être humain n’apprend pas ce qui ne le motive pas : quand on n’est pas curieux, les zones de la mémoire ne s’activent pas. Il faut pouvoir être autonome pour choisir des activités, individuellement et dans un environnement structuré, qui intéresse la personne et qu’elle puisse les répéter tant que cela est nécessaire et constructif. Il est également important de développer l’autonomie de la personne pour pouvoir suivre son élan endogène pour apprendre, c’est-à-dire sa motivation intérieure.

Les compétences exécutives (mémoire de travail, flexibilité cognitive et ainsi la capacité à revoir ses stratégies en cas d’erreur) sont les fonctions cognitives socles de l’intelligence humaine, dont la qualité du développement est plus prédictive que le QI. Ces compétences se développent lorsque la personne est active, lorsqu’elle peut mener des projets à terme et qu’elle peut concevoir des stratégies différentes en cas d’erreur et trouver des solutions créatives.
Concernant la bienveillance, Céline Alvarez propose de développer l’empathie naturelle avec laquelle naît la personne.

Nous nous permettons de prolonger le discours de Céline Alvarez et d’apporter quelques précisions sur l’empathie.  Celle-ci, au départ, est une aptitude. Elle ne devient une qualité que parce qu’il y a des apprentissages qui vont permettre de la cultiver. Et donc c’est parce qu’il y a un accompagnement à l’empathie qu’on développe l’empathie. De plus, les neurosciences ont montré que pour comprendre les émotions, il faut au préalable entrer en résonnance avec l’autre puis imiter (de manière plus ou moins consciente) les émotions de l’autre et ensuite ressentir les émotions qui émergent. Ainsi, les personnes qui développent le mieux l’empathie sont les personnes qui sont entourées d’empathie et donc de bienveillance.

Au GROS, afin que l’accompagnement soit optimal, nous sommes particulièrement sensibles à impliquer la personne venue nous consulter : développer son autonomie ; renforcer son sentiment de liberté de choix, d’action et de responsabilité ; susciter sa curiosité et l’encourager à trouver elle-même ses solutions, à les mettre en place ; lui laisser suffisamment de temps pour expérimenter les nouvelles stratégies choisies et en tirer des conclusions. De plus, instaurer une relation thérapeutique empathique et bienveillante aide le patient et aussi le praticien, à développer mutuellement leur empathie et à améliorer leurs relations interpersonnelles. Et ainsi à développer l’intentionnalité partagée, c’est-à-dire, la capacité à joindre nos efforts et à coopérer en tenant compte des besoins de l’autre, en communiquant avec lui, en acceptant d’apprendre de lui.

Florence Urbain

Top