Insulinothérapie fonctionnelle (IF) dans le DT1 et comportement alimentaire
Bonjour,
J'ai un fils de 5 ans qui est diabétique de type 1 (diabète maigre, ou
diabète de l'enfant, version autoimmune de la maladie), déclaré à 2 ans
et demi. Bébé il était dans le bas des courbes de poids pour sa taille.
Puis il est lentement remonté à la moyenne, pour la dépasser de plus en
plus. Aujourd'hui il a un BMI de surpoid, que les diabétologues invitent à
surveiller. Mais c'est surtout la tendance qui m'inquiète et son
comportement face à la nouriture.
Etant donné le diabète, plusieurs facteurs entrent maintenant en ligne de
compte et influencent son et notre approche de la nourriture:
- l'insuline s'il en recoit trop engendre une sensation de faim,
- les hypoglycémies entrainent une fringale,
- lors des repas, si il a eu une certaine dose d'insuline, il doit manger en
conséquence (finir son assiette, ou du moins les glucides), sous peine
d'hypoglycémie.
Il ne peut donc pas toujours se fier à ses sensations de faim ou de
sassiété.
J'essaie de ne pas créer de frustration par rapport à la nourriture, mais
c'est parfois inévitable. De plus, c'est un enfant qui aime manger mais qui
ne prends pas le temps.
- bien que traité par pompe à insuline et que nous partiquions l'ITF, il
est forcément confronté à une beaucoup plus grande régulation
alimentaire,
- De plus c'est un enfant glouton, qui mange très vite et ne prend pas du
tout le temps de déguster, surtout quand ce sont des aliments qui lui
plaisent (pâtes, gateaux,...).
Comment puis-je lui apprendre à déguster et prendre le temps de manger?
Pour l'instant je lui demande de se caler sur mon rythme: il prend chaque
bouchée en meme temps que moi, mais l'avale quasi directement puis il attend
sur moi pour la suivante...
Comment gérer au mieux la frustration engendrée par le diabète chez un
enfant de 5 ans?
Comment lui apprendre à reconnaitre ses sensations de faim et de sassiété
alors qu'il ne peut pas s'y fier?
J'admet que c'est une situation très particulière dont je vous fais part,
et je comprendrais si vous n'étiez pas à même de me répondre. Je vous
remercie de toute piste que vous puissiez m'indiquer.
Bien à vous,
Bonjour !
Vous posez une question difficile.
Avant tout, permettez-nous de vous féliciter pour votre implication dans la maladie de votre enfant qui, à cet âge, ne peut gérer seul sa pompe, ses repas, ses activités physiques…
L’IF, qui cherche à mimer la sécrétion physiologique de l’insuline est un traitement personnalisé qui s’adresse à des patients motivés et souhaitant s’autonomiser. Elle nécessite l’évaluation des besoins de base en insuline, le plus souvent en réalisant une épreuve de jeûne, et d’acquérir des connaissances diététiques, teneur des aliments en glucides, évaluation des quantités de glucides ingérées, rôle des lipides et des protéines sur les glycémies post-prandiales entre autres
Dans le cas de votre fils, il s’agit d’éduquer et d’autonomiser ses parents, c'est-à-dire vous-même…
Si ce traitement permet au patient diabètiquediabétique d’être plus « libre » avec son alimentation, grâce aux mesures de correction qu’il saura prendre en cas « d’écart », il favorise une approche cognitive, raisonnée, de l’alimentation, ce qui peut générer l’apparition de troubles du comportement alimentaire.
On l’a ainsi constaté chez des jeunes filles peut-être prédisposées, après instauration d’une IF, comme on peut le voir après la pratique d’un régime amaigrissant.
Votre fils mange vite, dites-vous, surtout les aliments qu’il aime, riches en glucides, auxquels il a un accès limité, réglementé , ce qui peut l’inquiéter : est-ce que je pourrai en manger demain ?
Nous vous conseillons de parler de tout cela avec l’équipe soignante :
- il est important d’éviter les hypoglycémies, cela peut se faire en revoyant les doses d’insuline, basale, prandiale, ou corrective. Il faudra préciser également quelle quantité de glucides est nécessaire pour le resucrage, selon le niveau de la glycémie capillaire ;
- une fois cette crainte d’hypoglycémie maîtrisée, il sera plus facile pour votre fils de se caler sur ses sensations de faim, phénomène normal qui nous informe qu’il est temps de manger, nous permettant de ressentir soulagement, plaisir puis rassasiement.
Déguster avec votre fils des aliments qu’il aime est une excellente idée (voir sur notre site : déguster, voilà le secret ). Il s’agit de rassurer votre fils sur le fait qu’il aura l’aliment qu’il consomme aussi souvent qu’il en désire, tous les jours s’il le veut, même si aujourd’hui, du fait du traitement pour le diabète, il n’en qu’une quantité prédéterminée. Il s’agit de lui montrer comment les aliments riches se mangent : avec attention, en se centrant sur le plaisir buccal, et lui montrer qu’en mangeant ainsi, on augmente la satisfaction, le contentement, et ce, avec moins de nourriture.
Bon courage !
Dr Catherine VACKRINE, praticien du GROS
