Grossesse et alimentation quand on est obèse
Bonjour,
je viens d'apprendre que je suis enceinte et j’appréhende le contact avec
les médecins car j'ai un IMC de plus de 40 et qu'ils vont vouloir me mettre
au régime.
J'ai commencé à m’informer dans les livres sur la grossesse et pour
chacun, l'alimentation est l'un des premiers sujets traités. Ce que j'ai lu
ne me rassure pas, je retrouve tous les clichés de l'alimentation (il faut
manger 5 fruits et légumes par jours, il faut manger du poisson 2 fois par
semaine, il faut se forcer a prendre un petit déjeuner même si on a des
nausées et qu'on ne peut rien avaler).
Je ne sais pas comment réagir, mon poids est stable depuis a peu près un
an, et je ne me sens pas prête à changer mes habitudes alimentaires. Je
veux le meilleur pour mon enfant et j'espère que je lui épargnerais le
malheur de l'obésité. J'ai moi même été mise au régime très jeune, ce
qui a eu pour résultat de renforcer mes TCA et d'accentuer mon obésité. Je
suis convaincue que mettre mon enfant au régime alors qu'il n'est encore
qu'un foetus sera désastreux pour lui. D'un autre coté, j'ai conscience que
le diabète gestationnel me guette. Je veux aussi éviter les carences
pendant la grossesse mais je ne peux plus manger de poisson (je n'ai jamais
aimé ça et les gavages de poisson que j'ai subit lors de mes régimes m'ont
définitivement dégoûtée).
Selon le livre de la grossesse que j'ai lu, je vais être obligée de me
peser lors du premier rendez vous avec mon gynécologue, et qu'il va me
prescrire un entretien diététique. Est ce que je suis obligée de voir un
diététicien?
Merci de vos réponses
Bonjour,
Nous comprenons votre appréhension. Les gynécologues font souvent la guerre aux kilos, mais pas tous. Le vôtre ne vous prescrira pas forcément un entretien avec une diététicienne. Mais si c’est le cas, rien ne vous oblige à accepter. Expliquez à votre médecin que vous consultez déjà quelqu’un, ou que vous vous apprétez à le faire.
En tout cas c’est ce que nous vous conseillons de faire, afin d’apprendre à manger selon vos besoins et vos envies.
Je vous rappelle aussi que le rôle de votre médecin est de vous soigner au mieux, telle que vous êtes, maigre ou grosse. Si vous présentez un diabète gestationnel, son rôle sera de le traiter au mieux, avec les moyens de la médecine à sa disposition. Son rôle n’est aucunement de vous faire la morale.
Voici la liste de nos praticiens : http://www.gros.org/praticiens
Et si aucun praticien du GROS n’est disponible dans votre région, vous pouvez aussi vous connecter à : http://www.linecoaching.com/
Bon courage !
Marie-Laure THOLLIER, praticien du GROS

Bonjour, je vous remercie
Bonjour,
je vous remercie pour votre réponse.
Pour ce qui est d'un suivi par un médecin du gros. J'ai déjà cette année participé à un atelier sur les TCA à l’hôpital Tarnier à Paris. Suite à cela, j'ai décidé de travailler d'abord sur mes problème de confiance en moi avec le personnel de Tarnier avant de commencer une RA avec un médecin du GROS.
Par rapport à ma grossesse, afin d'assurer le meilleur pour mon enfant,j'essaye de manger mieux, de plus écouter mon corps et manger plus varié sans pour autant m'interdire ou m'obliger de manger quelque chose.
Pour ce qui est du contact avec les médecins, cela s'est beaucoup mieux passé que ce que je craignais. Même si j'ai été pesée, le médecin obstétricien ne m'a pas parlé de diététicienne. C'est en fait moi qui ai évoqué mon surpoids, le médecin m'a répondu que j'étais sous le poids pour lequel la grossesse pourrait être inquiétante. Il m'a fait faire un dosage de la glycémie, je pense qu'il envisagera un suivi diététique selon les résultats.
Bonjour, Je vous écrit à
Bonjour, Je vous écrit à nouveau car je ne sais pas quoi faire. Un diabète gestationel à été diagnostiqué chez moi au mois de janvier dernier. Après 5 jours d'hospitalisation, je suis ressortie avec un régime, 6 contrôles glycémiques à faire par jour ainsi que 4 injections d'insuline quotidienne. J'ai tenté de suivre le régime mais très vite mes vieux démons sont réapparus. Mes compulsions sont revenue et je me suis mise à manger beaucoup moins bien alors que depuis le début de ma grossesse j'avais trouvé un certain équilibre. En fait, mon problème se pose surtout avec le diabétologue que la maternité m'a attribué. Lors d'un rendez-vous, j'ai essayé de lui expliquer mes problèmes de compulsion et mon impossibilité à suivre leur régime. Elle m'a alors traité d'enfant et m'a dit qu'il était temps que je devienne adulte maintenant que j'allais devenir maman. Pour elle, le fait que j'avoue avoir des compulsions alimentaires est un signe de dépréciation. Le seul conseil qu'elle m'a donné, c'est de manger des légumes, comme cela j'aurais le ventre plein et je ne serais pas tentée de manger autre chose. Cette technique, je la connais bien, c'est à cause de cela que j'ai été dégoûtée des légumes et que pendant plusieurs années je ne pouvais plus en manger. Aujourd'hui encore, j'ai beaucoup de mal à en manger, il n'y a que les crudités que je mange avec plaisir. Je n'ai pas osé le lui dire, elle avait l'air tellement fière de sa solution. J'étais assez désemparée et étant très stressée à l'idée de voir mes résultats glycémiques s'envoler, mes compulsions étaient plus forte et bien sur mes résultats assez haut. C'est mon obstétricien qui à su me rassurer. Il m'a juste dit que mes résultats n'étaient pas si mauvais que ça et ça a suffit pour me rassenerer et pour me permettre d'avoir de meilleurs résultats. J'ai revu mon diabétologue avant hier. Ayant de meilleurs résultats je pensais que ça se passerais mieux mais ça n'a pas été le cas. Le résultat de la veille était haut et je lui ai dit que c'était dû au stress de la voir, elle n'a pas voulu me croire pourtant c'était la vérité. Elle m'a posé des questions sur mon alimentation, je lui ai dit que je mangeais des crudités mais ça ne suffit pas selon elle. Elle m'a refait son laïus sur les légumes en me disant que si j'avais besoin que des choses me passent dans la bouche autant que ça soit des légumes. Elle m'a aussi reproché de ne pas faire tout les tests glycemiques que je suis censée faire. J'essaye le plus possible de faire mes 6 tests par jours, cela est très contraignant et il m'arrive d'en rater 3 ou 4 par semaine. Elle en a conclu que je les manquait intentionnellement pour ne pas voir les résultats et me voiler la face ce qui est totalement faux. J'ai essayé de garder mon calme, mais entre sa morale sur les légumes et ses sous entendu sur mon soit disant manque de bonne volonté je n'ai pas pu m'empêcher de sourire nerveusement ce qui évidemment ne lui a pas plu. Quand je lui ai dit que je lui avait déjà expliqué que mes TCA ne me permettaient pas de suivre à la lettre ses conseils elle m'a répondu que le passé, c'est le passé, et que ce n'est pas parce que je n'ai pas su tenir de régime avant qu'aujourd'hui je n'y arriverais pas. Enfin voila où j'en suis. Je suis très déprimée et en état de perte de contrôle alimentaire totale depuis ce dernier rendez-vous. Ma psychologue m'a proposé de lui écrire une lettre pour lui expliquer ce que sont les TCA et les restrictions cognitives mais je ne pense pas que cela rendra mon diabétologue moins obtus. Dans votre réponse, vous me disiez qu'en aucun cas un médecin n'avait le droit de me faire la morale. Pourtant à chaque fois que je vois cette personne, non seulement on me fait la morale, mais on nie toute mes réponses en bloc. J'en ai assez d'être jugée alors que je suis censée être aidée. Je ne sais pas quoi faire. J'ai peur de changer de médecin et de tomber sur quelqu'un qui ai les même idées. J'ai regardé votre annuaire des praticiens mais je n'ai pas vu de diabétologue du GROS en région parisienne. Le problème c'est que je n'ai pas le courage d'affronter encore ce médecin mais j'ai l'impression de ne pas avoir le choix alors que j'ai conscience que cette personne me fait régresser au lieux d'avancer. Cela fait des années que je travaille pour essayer d'apprendre à ne plus me remplir le ventre, à essayer de rechercher ma satiété et je commence à voir les résultats mais cette personne m'encourage au contraire. Je ne veux plus de restriction cognitive et pourtant selon elle, c'est la seule solution. Grâce à elle, mon aversion pour les légumes est en train de revenir. Son comportement envers moi donne le résultat contraire de ce qu'elle veut que je fasse, mais bien sûre elle n'admettra jamais qu'elle en est responsable. Mon compagnon me dit de la laisser dire, de ne plus penser à elle, mais je n'y parvient pas et cela en pâti sur mon alimentation et donc sur mon bébé. Voila, je suis désolée pour ce long message mais j'ai vraiment besoin d'aide et j'espère que vous m'aiderez à trouver une solution.
Bonjour !Vous vivez une
Bonjour ! Vous vivez une situation qui vous met en difficulté : vous avez réussi à vous dégager progressivement d’une restriction cognitive, avec les phases de perte de contrôle qui en sont une conséquence, vous commencez une grossesse qui se complique d’un diabète gestationnel, et vous avez une relation conflictuelle avec la diabétologue qui s’occupe de vous. Ce dernier point n’est peut-être pas étonnant : en effet, le traitement du diabète gestationnel est très contraignant, puisqu’on vous demande - de suivre un régime sans sucres « simples », contrôlé en sucres complexes , avec 25 à 35 kcal/kg/j, pas moins de 1500 kcal/j, et 40 à 50% de glucides - de faire une activité physique régulière, sauf contre-indication obstétricale - et de surveiller votre glycémie capillaire avant et après chaque repas, soit 4 à 6 tests par jour (au moins une fois à jeûn et 2 heures post-prandial) dans le but de s’assurer que vous êtes bien aux objectifs fixés (moins de 0,95 g/l à jeun et moins de 1,20 g/l 2h après le début du repas) Si ce n’est pas le cas, que vous dépassez régulièrement les objectifs, sans explication logique (dessert sucré par exemple) votre médecin doit normalement en tenir compte, et sans vous faire la morale, vous prescrirera de l’insuline, comme il a dû vous l’expliquer. Cette situation s’arrangera de facto avec la naissance de votre bébé. et d’ici là, vous avez le choix entre : plutôt que de travailler à améliorer votre relation avec votre diabétologue, nous vous conseillons de Faire la part des choses, entre le suivi technique de votre diabétologue, et son discours moral. Vous pouvez vous appuyer sur les personnes qui vous rassurent : votre compagnon, votre psychologue et votre gynécologue. Ou bien, changer de diabétologue. Nous ne revenons pas sur la réponse que nous vous avions déjà faite, sachez que de nombreux confrères diabétologues, et d’autres professionnels de santé, sont aujourd’hui formés à ce qu’on appelle l’éducation thérapeutique, qui est une approche centrée sur le patient, considéré comme acteur dans la prise en charge de sa maladie. Pour ce que vous nous dites au sujet de votre diabète : oui, il arrive d’oublier de faire un test de temps ou temps ; non, il n’est pas obligatoire de manger des légumes cuits pour aller mieux, et non, se remplir de légumes n’empêche pas les compulsions… la liste de réponses serait longue car vous avez beaucoup de questions sans réponse ! Vous semblez également souffrir d’un manque d’affirmation de soi, et nous vous engageons à vous faire aider sur ce point. Vous pouvez consulter l’un de nos praticiens, diabétologue ou non, qui pourra faire le point avec vous sur tout cela. Prenez confiance, bon courage ! Dr Catherine VACKRINE, praticien du GROS