Lundi 25 septembre 2017

Prévention et stigmatisation implicite

Face à la question préoccupante de l’obésité et de son développement :

Les épidémiologistes tirent la sonnette d’alarme et cherchent des solutions pour enrayer ce phénomène.

Les hommes politiques, en réponse à la préoccupation générale, examinent ce problème de santé publique prioritaire afin de légiférer.

Les médecins compétents en la matière, qui ne peuvent faire autrement que de constater que les solutions univoques ne correspondent pas à la réalité clinique, sont partagés entre la poursuite des solutions proposées jusqu’alors (et qui n’ont rien réglé) et la remise en question de la médicalisation systématique du surpoids et de l’obésité.
Une minorité s’interroge sur le bien-fondé des solutions classiquement proposées, et sur les conséquences de leur généralisation à toute la population. Cette minorité, dont nous faisons partie, s'oriente alors vers une prise en charge d’emblée bio-psycho-sociale.

Les sociologues qui étudient les conséquences de ces luttes pour combattre l'obésité, de ce désir effréné de minceur dans nos sociétés, constatent de façon unanime combien ils peuvent induire une stigmatisation des obèses, qui, on l'a dit, entretient et majore les problèmes de poids.

Des associations d’usagers offrent un espace démédicalisé de reconstruction sociale en organisant des activités liées à l’estime de soi et à la lutte contre l’isolement. Certaines associations vont dans le sens d’une acceptation du poids. Elles considèrent en effet que le remède a souvent été pire que le mal, et qu’il convient à chacun de choisir entre la poursuite de la course à l’amaigrissement ou bien l’acceptation de son poids et la recherche d'une stabilisation.
D’autres associations développent une information à destination des personnes en difficulté avec leur poids afin de les rendre plus autonomes, et se centrent sur la réparation de l'estime de soi.
D’autres encore accompagnent les usagers dans leur quête d’amaigrissement, se centrant parfois sur une méthode spécifique. Pour une revue des association, voir : Les regroupements de personnes de forte corpulence.

Comme on le voit, les intérêts et les actions des différents acteurs sociaux sont disparates. Comment, dans ces conditions, parvenir à harmoniser les efforts des uns et des autres afin de proposer des solutions efficaces et qui n’aggravent pas les problèmes ?

Et ce d'autant plus que les actions de prévention peuvent être en elles-mêmes des facteurs de stigmatisation. Ainsi en est-il des personnes qui ne sont pas en mesure de maigrir, d’entrer dans des normes,de tous ceux qui ont grossi de façon irréversible au fil des tentatives d’amaigrissement.
Le problème de la stigmatisation est donc indissociable des mesures préventives proposées pour lutter contre l’obésité.

  • Dernière mise à jour: 16/08/17 11:22
Top