Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids
Association selon la loi de 1901
L'obésité infantile: que faire, comment s'y prendre?
Comment et pourquoi les enfants grossissent

Trop, ou pas assez équilibré?

Ce qui se fait, ce qui se dit

Le point de vue du GROS


L’obésité des enfants et des adolescents est en augmentation dans tous les pays occidentaux depuis quelques décennies. La France, cependant, est moins touchée que d’autres pays : l’obésité infantile y est certes en augmentation comme partout ailleurs, mais nous partons d’un niveau d’obésité bien plus bas.

En utilisant des indices de référence similaires, en 1955, 15% des enfants américains auraient été considérés comme obèses au moyen de la définition française, quand la prévalence était de 3% en France.
Les États-Unis, l’Allemagne, la Finlande, la Grande-Bretagne et l’Espagne ont des prévalences de l’obésité supérieures à la France. La Suisse et les Pays-Bas ont des prévalences légèrement inférieures.

Pourquoi cette moindre obésité des enfants français, ce «French paradox» ? Au juste, personne ne le sait. Pourtant, avant d’appliquer à la France les recettes américaines de lutte contre l’obésité, qui ont eu outre-Atlantique le succès que l’on sait, peut-être devrait-on s’interroger sur cette spécificité.

(Voir à ce sujet: Chronique de Gérard Apfeldorfer, septembre 2005, Protégeons nos enfants des nutritionnistes (et des politiques) !



Comment et pourquoi les enfants grossissent

Evolution du poids chez l’enfant :
Normalement, un enfant est menu à la naissance, bien potelé à 1 an, puis s’affine à 2 ans pour rester mince ou peu enveloppé jusqu’à 6 ans environ.
A partir de 7 ans, il se remplume peu à peu : on appelle cette reprise
le rebond d’adiposité. On a remarqué que les enfants chez qui le rebond d’adiposité a lieu avant cet âge ont plus de risque d’avoir des problèmes de poids durables que les autres.
C’est à 16 ans en moyenne que la corpulence est la plus élevée.
Un enfant ne grandit pas de façon régulière. Il ne prend pas non plus toujours du poids lors des poussées de croissance. Durant certaines périodes, un enfant peut être un peu plus rond qu’à d’autres, puis s’affiner par la suite.
Un alarmisme dans ce domaine a généralement plus d’inconvénients que d’avantages.


Quelles sont les conséquences physiques et morales de l’obésité chez l’enfant ?
— Sur le plan physique, en cas de forte obésité : essoufflement, irritations cutanées, troubles des articulations et de la statique vertébrale, apnées du sommeil.
Des obésités importantes peuvent donner des hypertensions artérielles et des diabètes de type 2 (qui étaient jusque là très rares chez l’enfant).
— Sur le plan psychologique, même pour de simples surpoids, la stigmatisation de l’obésité conduit à la honte et une faible estime de soi de l’enfant. Les enfants obèses sont les cibles de moqueries ou de harcèlement de la part des autres enfants et de beaucoup d’adultes.


Pourquoi un enfant grossit-il ?
Chaque enfant est particulier et les facteurs qui ont déterminé son problème sont différents. Il est donc difficile de parler d’"épidémie d’obésité infantile" comme on parlerait d’épidémie de grippe.

L’aspect génétique : certains enfants ne sont tout simplement pas dans la moyenne statistique. Ils se régulent et se stabilisent à un poids supérieur à celui de leurs camarades, sans pour autant manger au-delà de leurs besoins (ils mangent à leur faim, sans plus). C’est en fonction de leurs prédispositions génétiques, de gènes d’épargne, que les enfants brûlent plus ou moins de calories et stockent éventuellement le reste. Certains sont d’excellents économes et stockent donc aisément, d’autres doivent manger de grosses quantités de nourriture pour grossir. La génétique détermine la facilité ou la difficulté à grossir.
Pour des enfants naturellement gros, il est important de ne pas chercher à les faire rentrer dans la norme, mais de les aider à s’accepter tels qu’ils sont, à bien respecter leurs besoins physiques et psychologiques.

L’aspect familial : certains enfants prennent du poids parce qu’ils mangent plus que leur faim ne l’exige, pour des raisons familiales, environnementales et/ou psychologiques.
Il peut s’agir de gavage de la part des parents ou d’autres personnes. Un enfant est gavé lorsqu’on l’oblige à manger alors qu’il n’a plus faim. Certaines mères gavent ainsi leur nourrisson, puis leur enfant. Un enfant gavé prend l’habitude de dépasser ses sensations de rassasiement, qu’il ne reconnaît même plus. Il peut ne plus différencier les sensations de faim d’émotions telles que la colère, l’anxiété, la tristesse, et mangera en réponse à toute difficulté provoquant des émotions.
Les parents gavants peuvent méconnaître les besoins de l’enfant, croire bien faire en donnant de l’amour au travers de la nourriture, donner de la nourriture à la place d’attention et d’écoute, donner de la nourriture en récompense.
Il peut aussi s’agir d’habitudes familiales consistant à manger beaucoup pour montrer qu’on est en bonne santé, demander de finir systématiquement son assiette, manger à tous les repas même sans faim.

L’aspect environnemental : globalement notre société incite à manger beaucoup.
L’éducation alimentaire des enfants est d’autant plus nécessaire. Éducation alimentaire ne signifie pas éducation nutritionnelle. Il est bon d’apprendre aux enfants à être critiques face aux messages publicitaires et aux appels à la consommation : boire du coca ou mâcher du chewing-gum ne permettent pas d’intégrer automatiquement une bande de copains et de s’amuser en groupe.

Les aspects psychologiques : Certains enfants en souffrance ont recours à la nourriture pour trouver le réconfort qui leur fait défaut, pour combattre divers stresses et états émotionnels.
Si des causes psychologiques sont souvent retrouvées comme étant à l’origine de prises de poids, la stigmatisation de l’obésité entraîne elle aussi des difficultés psychologiques chez l’enfant, qui le conduiront à manger derechef !
C’est un cercle vicieux et il s’agit d’aider l’enfant à le briser.

Les activités physiques: on a mis en avant la faible activité physique, le temps passé devant la télévision ou l'ordinateur pour expliquer l'obésité de l'enfant. Il est vrai qu'un enfant qui ne bouge pas est un enfant qui va mal. Mais, avant de lui demander de s'agiter davantage, il convient de savoir pourquoi il va mal. Les activités physiques
permettent à l’enfant de s'épanouir, de communiquer avec les autres, de dépenser son trop-plein d’énergie et se sentir à l’aise dans son corps. Elles régulent aussi l'appétit, Les enfants qui vont bien dans leur tête et dans leur corps aiment bouger, naturellement pour s’amuser. Il ne leur vient pas à l’idée de « brûler des calories ».
Sortir en famille s’amuser à bouger tous ensemble est bien plus efficace que de dire à l’enfant de "se bouger" en restant soi-même tranquillement dans son fauteuil.



Trop, ou pas assez équilibré?


Un enfant grossit-il parce qu’il ne mange pas assez équilibré ?
Les études récentes (France Bellisle, 1995) montrent que les enfants obèses ou en surpoids ne mangent ni plus ni autrement que les enfants de poids normal.
Une alimentation équilibrée en micronutriments (vitamines et minéraux) et macronutriments (glucides, lipides et protéines) permet à l’enfant de bien se développer et avoir une croissance harmonieuse, mais comme chez l’adulte, ce n’est pas un moyen de maigrir.

— Ce qui fait (trop) grossir, c’est le fait de manger au delà de ses besoins, au delà de sa faim. Lorsqu’on mange en respectant ses sensations de faim et de rassasiement, le poids se situe à son poids d’équilibre, et ce quel que soit le type d’aliments mangés.

— Plus un aliment est nourrissant et moins il en faut pour être rassasié. Un enfant qui mange surtout des aliments à faible densité calorique (légumes et crudités) aura plus vite faim après un repas qu’un enfant qui mange des aliments plus denses en calories (matières grasses et féculents par exemple).

— Naturellement et spontanément, quand il va bien dans sa tête et dans son corps, un enfant mange tant qu’il a faim, s’arrête de manger dès qu’il n’a plus faim et ne mange pas s’il n’a pas faim.

— Quand un enfant va bien et qu’on ne le force pas à manger, il se situe à son poids naturel.

— La meilleure manière de lui éviter des problèmes de poids est donc de lui permettre de respecter ses sensations de faim et de satiété à tout moment.



Dans quelles circonstances un enfant mange-t-il trop ?
Un enfant peut manger au delà ses besoins:

— Quand on le gave, qu’on ne comprend pas ce dont il a besoin, quand on lui donne à manger alors qu’il a par exemple besoin d’affection ou de consolation. L’enfant ainsi éduqué aura alors tendance à manger quand il s’ennuie, pour se rassurer et se consoler, pour passer sa colère.
Il est tentant de donner à manger à un enfant au lieu de prendre le temps de lui donner l’attention qu’il demande…

— Quand on le fait manger selon des principes rigides en contradiction avec ses sensations alimentaires : par exemple quand on le force à finir son assiette, quand on lui fait du chantage affectif pour qu’il mange, quand on s’inquiète s’il ne mange pas beaucoup, quand on le félicite quand il mange beaucoup,

— Quand il se trouve devant un aliment qu’il aime beaucoup et qui est rare pour lui : bonbons, gâteaux etc.
Il n’y a là rien de grave : si l’enfant est bien régulé, il mange spontanément moins aux repas suivants.
Pour éviter ces situations, il convient de permettre à l’enfant de consommer ses aliments préférés ET d’apprendre à son enfant à consommer les aliments très énergétiques, qui se mangent avec beaucoup d’attention, en guettant la survenue des sensations de rassasiement.

— Quand il mange sans faire attention à ses aliments et à sa satiété, par exemple lorsqu’il mange devant la télé, en lisant ou devant l’ordinateur. Dans ces cas, on mange généralement 30% de plus que quand on se concentre sur ce qu’on mange.


Ce qui se fait, ce qui se dit

L’enfant n’échappe pas à la course générale à la minceur ni aux préconceptions de l’époque. Il croit donc, comme les adultes le lui enseignent, qu’être gros est une faute, qu’il convient d’avoir honte d’être gros ou de faire honte aux gros. Il croit qu’il y a des aliments grossissants (mais ce sont les meilleurs) et d’autres qui« font maigrir » (mais ce sont ceux qu’il n’aime pas).
Selon beaucoup de médecins, de diététiciens et d’autres prescripteurs, il s’agit donc pour l’enfant d’éviter les premiers et manger davantage des seconds. Les enfants n’y arrivent pas mieux que les adultes.


La politique de santé actuelle préconise :

Au niveau national : le Plan national nutrition santé enfant, PNNS enfant, encourage à « manger équilibré », à éviter les excès de sucre et de matières grasses et à beaucoup bouger.
Mais ce discours est souvent contradictoire: d’un côté il incite à respecter le plaisir, le goût, la tradition familiale, de l’autre il conseille de manger équilibré. Pas facile dans le quotidien de respecter tout cela à la fois.

A l’école et au collège : l’équilibre nutritionnel est aussi utilisé comme outil de lutte contre l’obésité, alors qu’il s’agit plutôt d’une façon de manger qui aide à apporter au corps les nutriments nécessaires à une bonne santé.
Dans beaucoup de cantines scolaires, on essaie de donner des repas équilibrés aux élèves, c’est-à-dire des repas comprenant notamment une source de protéines (viande, poisson ou oeufs), un fruit et/ou un légume, un laitage et un féculent ou du pain.
Mais pourquoi insister pour que les enfants finissent leur assiette? Cette attitude a pour effet de faire manger les enfants au delà de leur faim ou de les dégoûter de certains aliments.
Le retrait de distributeurs de friandises dans les collèges et lycées renforce l’idée que certains aliments font grossir et d’autres pas. L’arrêt et même l’interdiction des goûters du matin dans un grand nombre d’écoles va dans le même sens.
La croyance générale est qu’il y aurait des aliments qui seraient grossissants par nature. Comme il est impossible de les interdire complètement, que cela augmente la culpabilité et l’anxiété de grossir, il est probable que tout cela débouche sur une augmentation des compulsions alimentaires… et de l'obésité!
Ne vaudrait-il pas mieux faire l’éducation alimentaire des enfants, leur apprendre à consommer intelligemment les aliments très caloriques?

Au niveau des villes : l’expérience des villages de Fleurbaix et de Laventie dans le Nord de la France a donné lieu depuis 2004 à l’EPODE, expérience conduite dans 10 villes en France où on essaie d’éduquer les enfants à l’équilibre alimentaire dès leur plus jeune âge, en les incitant à favoriser les aliments peu denses en calories et délaisser les aliments plus caloriques.
On incite également les enfants à bouger davantage en organisant des activités sportives et des systèmes de trajet maison-école à pied.
L’objectif dans ces expériences est donc aussi d’induire des choix différents par la connaissance, les cognitions, en apprenant à classer les aliments en «bons» et «mauvais».

Au niveau médical : le dépistage de l’obésité dans les écoles et lors de journées de dépistage, les conseils diététiques donnés par les médecins généralistes, pédiatres ou nutritionnistes ainsi que par les diététiciens vont dans le même sens: on donne des conseils nutritionnels, on exorte à «bouger plus».
Les spécialistes les plus pointus conseillent d’éviter une restriction trop sévère, de ne pas mettre un enfant au régime avant 9-10 ans, d’éviter les régimes stricts pendant l’enfance ou pendant l’adolescence.
Ces conseils sont malheureusement loin d’être respectés par tous les professionnels médicaux et on voit souvent des enfants à qui on a prescrit des régimes particulièrement restrictifs.

Les centres de cure : une bonne vingtaine de centres de cure pour enfants et surtout pour adolescents accueillent en France de jeunes obèses sur des périodes de quelques semaines à 10 mois, voire plus.
L’avantage (mais parfois aussi l’inconvénient) de ces séjours est la coupure avec le milieu familial devenu parfois difficile à vivre, soit à cause du poids de l’enfant, soit pour d’autres raisons.
Ils permettent à l’enfant de perdre du poids et de trouver une meilleure estime de soi, de s’ouvrir davantage aux autres.
L’alimentation y est généralement diversifiée, et il y a peu ou pas d’interdits, mais des quantités à respecter.
Les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances: on assiste malheureusement à des reprises de poids après le séjour dans environ 2/3 des cas.

Roller kid (Avie santé): un réseau s’est monté entre médecins généralistes pour une prise en charge pluridisciplinaire entre médecins et éducateurs sportifs d’enfants en surcharge pondérale. On met l’accent sur l’exercice sportif et non sur les raisons qui ont poussé l’enfant à trop manger au départ. Roller kid

La prise en charge psychologique : on part alors du principe qu’un enfant qui mange trop a besoin d’être écouté et compris pour n’avoir plus besoin de manger autant.
Cependant une psychothérapie accompagnée d’un régime restrictif perd beaucoup de son sens.



Le point de vue du GROS


La stigmatisation de l’obésité des enfants, la discrimination à l’égard des mêmes enfants, les conduit à avoir honte d’eux-mêmes, à perdre leur estime d’eux-mêmes, et démonétise toute réussite dans quelque domaine que ce soit : « j’ai réussi cela, mais je ne vaux rien quand même, puisque je suis gros ».

La politique de santé publique qui consiste à prôner la restriction cognitive pour les enfants, gros ou non, en fait pour toute la population, a de bonnes chances de conduire à moyen et long terme, à une augmentation des troubles du comportement alimentaire et de l’obésité… Rappelons que la restriction cognitive est un processus insidieux: dans un premier temps, elle peut permettre de maîtriser l'évolution pondérale et donner le sentiment que tout va bien. Mais manger uniquement avec sa tête, en négligeant plus ou moins volontairement ses sensations alimentaires, l'obnubilation sur le poids, conduisent à terme (souvent au moment de l'entrée dans l'adolescence) à une perte de contrôle des comportements alimentaires.

De plus, notons que les enfants n’ont pas la possibilité, comme les adultes, d’échapper à la bienveillance parentale ou des autres adultes. Le plus souvent, on veut à leur place. On les limite et on les restreint «pour leur bien». Ces attitudes parentales conduisent parfois à des jeux d’interdits et de transgression entre parents et enfants, à des vols de nourriture, des compulsions cachées, voire des boulimies véritables.
Souvent il convient de prendre en charge, non pas l’enfant, mais la famille dans son entier. Le travail doit porter sur le comportement alimentaire, sur les relations parents-enfants, sur les difficultés familiales. Un travail psychothérapeutique est souvent nécessaire.



Conseils pratiques du GROS aux parents désemparés, aux enfants en perdition

Avant tout, si vous voulez le bien de votre enfant, commencez par lui témoigner tout l’amour possible, indépendamment de son apparence physique, de son poids, de son comportement alimentaire.
Aidez votre enfant gros à affronter une société stigmatisante. Expliquez-lui, dès qu’il est en âge de le comprendre, qu’il lui faut vivre dans une société devenue idolâtre de la minceur. En tant que gros, il en sera devenu le bouc émissaire. Pourtant, il n’a pas commis de faute, n’a pas à avoir honte, n’est pas en cause en tant que personne.


Pour une éducation alimentaire, et non pas une éducation nutritionnelle! D'une façon générale, c'est le rôle des parents de faire l'éducation alimentaire de leurs enfants.
Cette éducation consiste à apprendre à:
— Savoir manger en société, selon les us et coutumes du lieu et du temps;
— Connaître l'histoire et la géographie de ce qu'on mange, la valeur symbolique des différents aliments;
— P
enser ce qu'on mange, savoir en parler;
— Tenir compte de ses sensations alimentaires de faim et de rassasiement;
— Pouvoir prendre du plaisir à manger, pouvoir se réconforter grâce à la nourriture sans que cela pose de problème sur la durée.
De la sorte, les enfants deviennent peu à peu autonomes et capables de gérer par eux-mêmes leurs besoins alimentaires.

L'éducation alimentaire, qui enseigne à l'enfant les règles sociales de base de la culture alimentaire, lui permettront de manger avec plaisir, en sachant adapter ce qu'il mange à ses besoins ressentis. Cela ne va pas de soi: sans éducation alimentaire, les enfants mangent sur un mode sauvageon, n'importe quoi, n'importe où, n'importe comment, le plus souvent de façon solitaire. Dans un environnement alimentaire aussi riche que le nôtre, n'ayant pas intériorisé les règles de base permettant de réguler leurs prises alimentaires, mangeant dans l'anarchie, ils risquent fort de devenir la proie de troubles du comportement alimentaire et d'obésité. L'éducation alimentaire se fait principalement à la table familiale, et la modélisation parentale est l'élément le plus important.
Evidemment, cette éducation alimentaire concerne tous les enfants, qu'ils aient des problèmes pondéraux ou non. Pour les enfants qui sont un peu enveloppés depuis toujours, tout comme d’autres membres de leur famille. Il faut surtout éviter de dramatiser un écart par rapport à un hypothétique poids de référence, qui ne tient pas suffisamment compte des variations normales à l’intérieur d’une population.
Certains enfants sont obèses. Pour les aider, nous vous donnons les conseils suivants :

1) Sur le plan alimentaire :
— Apprenez à votre enfant à respecter ses sensations de faim et de rassasiement: votre enfant doit pouvoir manger quand il a faim, même si cela ne correspond pas aux horaires des repas. Si le repas n’est pas loin, on peut lui donner de quoi tenir pendant le temps qui reste sans lui couper tout son appétit pour le repas.

— Votre enfant doit pouvoir ne pas manger quand il n'a pas faim, même si c’est l’heure du repas, et pouvoir s'arrêter de manger dès lors qu'il parvient au rassasiement, même s’il en reste dans l’assiette. Parfois un enfant peut avoir très peu faim. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter (ce n'est que si sa courbe de poids est anormale dans la durée qu'il convient d'agir et de demander conseil à un professionnel de santé)

— Votre enfant doit pouvoir manger selon ses propres préférences alimentaires. La moralisation de l'alimentation, qui conduit à différencier des aliments sains et amaigrissants d'un côté, et malsains et grossissants de l'autre, aboutit finalement à rendre les aliments énergétiques d'autant plus attirants qu'ils sont interdits ou difficilement disponibles.
Il convient d’apprendre à votre enfant à consommer les aliments les plus nourrissants: ceux-ci se consomment avec une grande attention, puisqu’ils sont souvent très goûteux, et parce qu’il en faut peu pour être satisfait et nourri.
Priver un enfant de ses aliments préférés est vécu par lui comme une punition. Il est en quelque sorte puni d’être gros. Or un enfant gros n’est pas un enfant à punir, mais un enfant à aider.

— Aidez votre enfant à découvrir des aliments nouveaux. Cela fait partie d’une bonne éducation alimentaire. Des études montrent que les enfant qui mangent le plus varié sont ceux dont les parents mangent varié et qui se contentent de prêcher par leur exemple, sans donner d'autre indication.

— Ne soyez pas perfectionniste. Même si l’enfant ne mange pas de façon parfaitement équilibré tous les jours, il ne risque pas de tomber malade ou de mal grandir pour autant.

— Manger en famille ou en groupe, dans un climat serein, en y consacrant un temps suffisant, est un élément de régulation important.

— Parler de ce que l’on mange, des différents goûts, est un élément d’apprentissage du comportement alimentaire.

— Si la situation s’est détériorée, si l’enfant préfère manger en dehors des repas et refuse systématiquement de passer à table avec la famille, il est important de chercher à comprendre ce qui fait fuir les repas familiaux. L'aide d'un professionnel de santé ou d'un psychologue est parfois nécessaire. Concernant les moins de 10 ans, il est souvent préférable de consulter dans un premier temps sans l'enfant.


2) Sur le plan des activités :

— Les activités nourrissent, enrichissent l'enfant comme l'adulte.
Par activité, nous n’entendons pas seulement activités physiques, mais toutes formes d’activités, intellectuelles, artistiques, manuelles, qui sont toutes épanouissantes dans la mesure où l'enfant est volontaire et participatif.

— Un enfant est normalement actif, spontanément sociable. Il est bon de donner à votre enfant des occasions de se montrer actif et sociable. Mieux vaut lui éviter de trop longues périodes d’ennui, de solitude et de désœuvrement, vécues comme autant d'abandons, de désintérêt de la part des parents, des adultes.

— Certains enfants sont très malheureux d’être seuls, même peu de temps, tandis que d’autres aiment bien avoir un petit moment tranquille, savent s'occuper par eux-mêmes. C'est une affaire de personnalité, cela ne tient qu'en partie à l’âge de l'enfant.

— L’activité physique permet l'épanouissement de l'enfant, le nourrit… à condition qu'elle ne soit pas vécue comme une contrainte, mais qu'elle soit un plaisir, de l'ordre du jeu. Faute de quoi l’enfant, dégoûté de lui-même, honteux, déprimera et… mangera davantage! Vis-à-vis des enfants en surcharge pondérale, les activités physiques doivent donc être envisagées avec prudence. Elles sont à négocier avec l'enfant, ne doivent pas apparaître comme des méthodes d'amaigrissement ou de contrôle pondéral.


3) Au niveau familial, parental : beaucoup de parents ont eux-mêmes des problèmes de poids et une relation tendue avec les aliments.
Dans ce cas, l’enfant est élevé dans une ambiance de mécontentement du corps, l’idée que la nourriture est un outil pour sculpter son corps et non un moyen de se rassasier et se faire plaisir.
Différentes études mettent en évidence que les mères en restriction cognitive ont des enfants qui présentent plus fréquemment des troubles du comportement alimentaire et des problèmes pondéraux.

Ne mettez pas votre enfant au régime parce que vous-même ne parvenez pas à vous y tenir! Si vous-même avez des problèmes avec votre poids et votre alimentation, il convient que vous parveniez préalablement à faire des progrès dans ce sens. Sinon, comment aider votre enfant à s'épanouir? L'éducation alimentaire se fait en grande partie par la vertu de l'exemple…





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Page créée le 10 mai 2005
Dernière Mise à Jour le 28 août 2005